Agressions sexuelles à l'ULB: une centaine d'étudiants demandent plus de sécurité, «on est là pour dire stop»

La FEF s'indigne contre ce qu'elle considère comme une inaction des autorités face aux affaires d'agressions sexuelles à l'université.

Panneau de l'ULB
Des étudiants devant un panneau de l’ULB, à Bruxelles ©BelgaImage

La Fédération des étudiants francophones (FEF) et le bureau des Étudiants administrateurs de l'ULB ont organisé un rassemblement sur le campus de La Plaine de l'ULB mardi soir en soutien à l'étudiante victime d'un viol à cet endroit en décembre dernier. Une centaine de participants ont réclamé plus de sécurité sur le campus.

Une étudiante sur cinq est victime d'une tentative d'agression sexuelle

Si la FEF salue la libération de la parole sur les agressions sexuelles, elle déplore le manque d'actions, à ses yeux, des autorités. «On est là pour dire stop à tous ces viols, ces agressions. Les politiques sont insuffisantes à l'ULB», indique la présidente de la FEF, Emila Hoxhaj. Selon la fédération, une étudiante sur cinq est victime d'une tentative d'agression sexuelle au cours de ses études.

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Les associations étudiantes réclament plus de sécurité sur le campus. Elles demandent notamment une amélioration de l'éclairage public et un renforcement du personnel de sécurité formé à ce type d'agressions. «C'est aussi à la ministre (Valérie Glatigny, en charge de l'enseignement supérieur, NDLR) d'agir. Elle ne fait rien», regrette Emila Hoxhaj. «On demande des centres d'accompagnement sur les campus, proches des étudiantes pour ne pas les envoyer dans des centres CPVS (Centre de prise en charge des violences sexuelles) qui sont parfois loin», poursuit-elle. «Un viol, c'est un parcours académique anéanti et une vie brisée. La ministre et les institutions universitaires ont une responsabilité, elles ont un pouvoir décisionnel. La ministre nous renvoie vers les tribunaux. Mais elle a un champ d'action», ajoute-t-elle encore.

Le gouvernement et l'ULB assurent agir

Pour sa part, la ministre Glatigny a rappelé les mesures déjà prises pour améliorer la sécurité des étudiantes et étudiants sur les campus. Parmi celles-ci, une circulaire, envoyée en septembre 2021, obligeait les établissements d'enseignement supérieur à désigner une personne de référence capable d'aiguiller les victimes vers les services d'aide, d'accompagnement et de soutien spécialisés. Une vaste étude visant à dresser un état des lieux complet des situations de harcèlement et de violences dans l'enseignement supérieur a également été lancée. «Les résultats sont attendus dans le courant de cette année, et permettront d'aiguiller de futures actions en la matière», précise le cabinet de Mme Glatigny. De son côté, l'ULB a lancé un plan de lutte contre les violences sexuelles en 2019. Une nouvelle analyse des risques est par ailleurs en cours et, dans l'intervalle, des rondes seront renforcées sur le campus de la Plaine.

Présents parmi les étudiants, les parents de la victime du viol perpétré en décembre sur le campus de la Plaine se sont également exprimés. «La vie de notre fille a basculé en quelques minutes. Ça ne peut plus arriver. L'ULB a une responsabilité», a affirmé le père. «Quand on touche à une femme, on touche à toutes les femmes», a ajouté la mère. Munis de leur téléphone portable, les étudiants ont allumé leur flash afin, d'une part, de mettre en lumière, de manière symbolique, le manque d'éclairage public à certains endroits et, d'autre part, de rendre hommage aux victimes d'agressions sexuelles.

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