Énergie, inflation, emploi… 5 dossiers brûlants pour la Vivaldi en 2023

Nucléaire, pouvoir d’achat, emploi, réforme fiscale et réforme des pensions… Voilà le menu, chargé, du gouvernement fédéral d’Alexander De Croo pour 2023.

L’année sera chargée pour Alexander De Croo et la majorité fédérale
L’année sera chargée pour Alexander De Croo et la majorité fédérale @BELGAIMAGE

Nucléaire : parvenir à un accord avec Engie sur la prolongation

Le dossier devait être bouclé avant la fin 2022, il sera finalement encore sur la table du gouvernement en ce début 2023. Après une lettre d’attention signée pendant l’été, le Fédéral devait parvenir à un véritable accord avec Engie, l’exploitant du parc nucléaire en Belgique. L’enjeu ? S’accorder sur les conditions de maintien de l’activité des réacteurs de Tihange 3 et Doel 4 à partir de 2026.

Pour rappel, le scénario de sortie du nucléaire, après avoir longtemps tenu la corde, a finalement été (partiellement) abandonné en 2022, la coalition fédérale s’entendant sur la prolongation de deux réacteurs après 2025. Et ce, afin de garantir la sécurité d’approvisionnement énergétique du pays. Il semblerait qu’on peine jusqu’ici à s’entendre sur le montant de la facture pour la gestion des déchets nucléaires (et sur la part qu’Engie serait prêt à prendre en charge), ainsi que sur la durée de la prolongation de réacteurs et sur le financement du démantèlement des réacteurs… Du côté des dirigeants d’Engie, on affirme ne pas pouvoir assumer l’entièreté des coûts liés au démantèlement.

À lire aussi : Le torchon brûle entre Engie et la Belgique : le groupe français envisage des recours en justice

Un accord était attendu pour le 31 décembre, mais les négociateurs ont décidé de se laisser «quelques jours» de réflexion avant de finaliser. Conclure dans les premières semaines de janvier serait pour la Vivaldi une manière de s’ôter une très grosse épine hors de pied, afin de se  pencher avec un peu plus de sérénité sur la pile des dossiers qui attendent encore d’être bouclés.

Maîtriser l’impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat

«Clairement, on n'a pas fait grand-chose pour s'attaquer à l'inflation», jugeait dans l’Echo la chercheuse du Crisp (le Centre de recherche et d'information socio-politiques), Caroline Sägesser. L’équipe d’Alexander De Croo a bien tenté d’adoucir le poids de la hausse des prix pour les ménages, avec la baisse de la TVA sur le gaz et l’électricité, l’extension du tarif social, et des primes énergie aussi appelées "paquet énergie de base" (une ristourne par mois de 61 euros sur la facture d’électricité et de 135 euros sur celle de gaz, jusqu’en mars).

Des mesures trop tardives et pas assez ciblées pour plusieurs experts. «Ce système ne profite pas aux entreprises ni aux ménages qui voient fondre leur épargne (…)L'idée avait pourtant émergé de plafonner ces primes, de les réserver aux bas et moyens salaires, avec un sens de la justice sociale et dans le but de ralentir la surchauffe de l'économie», ajoutait la chercheuse.

À partir de mars, en tenant compte des bases de comparaison des prix, on devrait techniquement assister à un tassement du taux d’inflation (qui est calculé annuellement). Dans le même temps, l’effet du mécanisme d’indexation des salaires devrait se manifester positivement pour de nombreux Belges (plus de 550.000 employés bénéficieront de 11% d’indexation en janvier).

À lire aussi : Crise énergétique: les hauts revenus devront à peine rembourser les primes énergie

Même si les prix de l’énergie n’atteignent pas les sommets de 2022, il semble relativement clair qu’ils se maintiendront à des hauteurs importantes les prochaines années (Alexander De Croo n’a-t-il pas prévenu que les «5 à 10 hivers» prochains seraient «difficiles» ?). Le maintien du pouvoir d’achat des ménages sera selon toute vraisemblance l’un des plus gros chantiers de la Vivaldi en 2023 et jusqu’à la fin de la législature (en 2024).

À lire aussi : La moitié des pays de l’Union européenne en récession en 2023, prédit la directrice du FMI

Entamer une grande réforme fiscale

C’est sans doute le dossier sur lequel les 7 partis de la majorité auront le plus de difficulté à s’entendre. Certes, selon l’accord de gouvernement, la législature actuelle ne doit servir qu’à poser les jalons d’une réforme fiscale dont l’implémentation interviendra durant la suivante. Mais les verts, le CD&V ainsi que les socialistes aimeraient anticiper sur le calendrier et avoir quelque chose de concret à présenter à l’électeur en 2024. Selon Le Soir, l’équipe d’Alexander De Croo a convenu d’un plan de travail pour déboucher sur un accord en mars.

Si Vincent Van Peteghem (CD&V), ministre des Finances, a déjà présenté sa copie modifiant la législation sur les droits d’auteurs (non sans critiques, par ailleurs), on attend toujours une proposition de refonte globale du système fiscal belge. Le seul point qui fasse consensus est la réduction des charges sur le travail.

À lire aussi : Vincent Van Peteghem sur la réforme fiscale: " Il faut que ceux qui travaillent aient plus sur leur compte à la fin du mois "

Sur la manière de faire tout en prenant en compte les enjeux (à savoir : renflouer les caisses de l’état alors que le déficit tourne autour des 30 milliards d’euros et alors que les mesures de soutien du pouvoir d’achat alourdissent la note), chacun, au sein de la Vivaldi, a sa propre idée.

Emploi

Pour satisfaire aux contraintes budgétaires, remettre plus de gens sur le chemin de l’emploi serait la solution qui arrangerait tout le monde. D’autant que la majorité Fédérale s’est fixé comme horizon d’atteindre un taux d’emploi de 80% vers 2030. Un objectif jugé trop ambitieux, notamment par le Bureau du Plan, qui anticipe un taux d’emploi de 73,5% en 2022 (au troisième trimestre 2022, 72,1 % «seulement» des 20-64 ans travaillaient).

Autant dire qu’il y a encore du boulot. La Vivaldi mise beaucoup sur son «Trajet Retour au travail» pour réintégrer les malades de longue durée, dont le nombre s’élève à plus de 500.000 en Belgique.

À lire aussi : Travail : quelles solutions pour les malades de longue durée ?

Boucler la réforme des pensions

Après la présentation d’un accord en juillet 2022, le dossier est revenu sur la table du gouvernement en fin d’année, la Commission européenne n’étant pas convaincue de la copie présentée, qui selon elle, ne contribuerait pas à la «soutenabilité financière» de la sécurité sociale et des finances publiques belges. Et l’Europe de conditionner désormais l’octroi du versement d’une partie non négligeable de son plan de relance (847 millions d’euros sur les 4,5 milliards prévus pour la Belgique) à une modification de la réforme.

À lire aussi : Réforme des pensions : le dossier suscite à nouveau des tensions dans la majorité

Pour satisfaire la Commission, le Premier ministre envisagerait de réviser profondément la réforme présentée par Karine Lalieux (PS) et de de ne pas mettre en œuvre, notamment, la quatrième augmentation de la pension minimale prévue au 1er janvier 2024. Inacceptable pour les socialistes, qui parleraient d’une «rupture de confiance» avec le Premier ministre si on devait en arriver là. Selon Le Soir, la Vivaldi aurait prévu, comme pour le dossier fiscalité, de parvenir à un nouvel accord pour le mois de mars.

 

Sur le même sujet
Plus d'actualité