Que faire de votre sapin après Noël ?

Malgré une augmentation des prix et son impact écologique, le sapin naturel a gardé la faveur des Belges. Reste à bien anticiper son ramassage ou son recyclage.

sapin après Noël
© Isopix

Malgré ou à cause des différentes périodes de crise que nous traversons depuis quelques années (Covid, inflation,…), certaines traditions ne se perdent pas. La preuve avec le sapin de Noël qui fait partie des immuables. Selon une étude de consommation de 2020 de l’Agence wallonne pour une agriculture de qualité (Apaq-W), 71% des Belges installent un sapin dans leur domicile. De même, le rapport de septembre 2022 de son Observatoire de la consommation indique que pour les fêtes 2021, 44% des Belges francophones interrogés ont acheté un sapin de Noël, et 23% des sondés ont opté pour un sapin naturel. Soit 2% de plus que l’année d’avant, même si l’artificiel a manifestement toujours du succès.

Mais qui dit sapin naturel dit aussi ramassage, voire recyclage. Notre pays est très organisé. À chaque entité communale, son règlement et ses spécificités. Le mieux est de consulter le site web de votre administration pour connaître les détails et adapter votre planning. À Bruxelles, par exemple, il suffit de laisser votre sapin dans la rue le jour de la collecte des déchets verts. En Wallonie, les ramassages ont plutôt lieu un ou plusieurs jours durant les deux premières semaines de janvier. À Montigny-le-Tilleul, par exemple, il faut sortir son sapin le samedi 14 janvier avant 6 h du matin ou la veille au soir. Certaines communes, comme Chaumont-Gistoux, prévoient, à la place, des lieux de dépôts dans les villes et villages.

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Il y a d’autres initiatives. Certains scouts et autres clubs de jeunes les récoltent pour les grands feux, même si cela devient de plus en plus rare. Si vous ratez le passage du camion, votre sapin peut bien entendu toujours être amené dans le recyparc le plus proche. Acheter un sapin pour un mois seulement, environ, peut décevoir. Si c’est votre cas, s’en débarrasser n’est pourtant pas la seule solution. Pour cette année, il est très certainement trop tard, mais les prochaines fois, penser à vous procurer un sapin en pot. “Chaque année, cela représente entre 3 et 7% des ventes. Beaucoup de familles le replantent dans leur jardin, avec parfois une symbolique ou une occasion particulière. D’autres partent faire une promenade en forêt en famille pour ajouter ce nouveau sapin à tous les autres”, raconte Jonathan Rigaud, pépiniériste à Neufchâteau.

Retour au jardin

On aurait pu croire qu’en cette année 2022 de crise économique, le sapin serait sur la liste des dépenses dispensables. Aux dires des premiers intéressés, il n’en est rien. “Nous n’avons pas vu de différence depuis plusieurs années. Le sapin naturel se maintient et a toujours le vent en poupe “, témoigne Louis Brasseur, gérant de la pépinière Altitude 500, à Neufchâteau également. “Ce n’est pas un produit lié à la mode, il est intemporel et ses ventes sont assez linéaires”, ajoute Jonathan Rigaud.

Pourtant, comme bien d’autres secteurs, les producteurs de sapins n’ont pas eu d’autres choix que d’augmenter leurs prix. Coût des énergies évidemment, mais aussi de la main-d’œuvre, des pièces mécaniques… On parle d’entre 18 et 20% d’augmentation sur les prix de production entre février et août selon l’indice français des prix d’achat des moyens de production agricole (IPAMPA). “Nous avons organisé une table ronde entre producteurs au printemps pour suggérer de ne pas spéculer sur cette hausse et recommander une majoration qui resterait entre 8 et 13% du prix, afin que celui-ci ne devienne pas un handicap.” 10% d’augmentation fait augmenter l’épicéa de 35€ à 38,50€ environ et le sapin Nordmann de 55€ à 60,50€ environ. Une hausse qui n’a manifestement pas refroidi les acheteurs.

Charte écoresponsable

Jonathan Rigaud maîtrise le sujet puisqu’il est président de l’UAP, l’Union ardennaise des Pépiniéristes, qui rassemble également les producteurs de sapins de Noël. L’information est peu connue, mais au fil des années, la Belgique, grâce à la Wallonie principalement, est devenue le deuxième plus grand producteur de ces arbres de fête, derrière le Danemark. Ce “titre”, elle le doit particulièrement à la province du Luxembourg, où se situe la grande majorité des cultures. Entre 2 et 3 millions de sapins sont produits tous les ans. Un cinquième restera chez nous, le reste sera exporté. D’ailleurs, Altitude500 à Neufchâteau est une des entreprises majeures d’Europe dans le secteur, avec plus de 700.000 arbres chaque année.

Le secteur du sapin de Noël doit faire face à un grand défi: le respect de l’environnement. Dans son mémoire Impact écologique de la culture de sapins de Noël en Ardenne belge, Cyril Destombes, assistant de cours à l’UCLouvain, s’est penché sur la question et a conclu qu’au sujet de l’impact sur les sols (teneur en nitrate) et de la pulvérisation de produits, “la culture de sapins de Noël a un plus faible impact sur l’environnement que la majorité des cultures classiques.”

Le public est de plus en plus attentif aux origines du sapin qu’il achète. “Aux producteurs de bien les informer, ajoute le président de l’UAP. Surtout que la culture d’aujourd’hui n’est plus celle d’il y a 10 ou 15 ans. Les techniques et connaissances ont évolué, les engrais chimiques ont été bannis et les organiques sont mieux maîtrisés.” L’Union ardennaise des pépiniéristes a même établi une charte pour un sapin wallon “véritable et écoresponsable”, sorte de label de qualité. “Cela comprend des règles strictes de pulvérisation, la tenue d’un registre accessible de tous les intrants utilisés, ne rien planter à moins de 20 mètres des habitations pour ne pas imposer des sapins dans le paysage… Mais cette charte a déjà quelques années, on va revoir les normes dès 2023 pour mieux coller à ce qu’on sait aujourd’hui”, conclut Jonathan Rigaud. Des efforts doivent être également fournis pour acheminer les sapins. “Nous n’en sommes pas encore à l’électrique, mais ça va venir petit à petit. Dès l’année prochaine, les camions Euro5 vont être interdits. On va devoir trouver des solutions alternatives. C’est tout le secteur du transport qui va devoir évoluer.”

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