Bertrand Caroy casse 6 idées reçues sur l’alcool au volant avant le réveillon du Nouvel An

À la veille du réveillon du Nouvel An, on fait le point sur les mythes concernant la conduite alcoolisée avec Bertand Caroy, le policier préféré des téléspectateurs belges.

L'inspecteur Bertrand Caroy, responsable du service Circulation routière de la Zone de Police Boraine, et par ailleurs figure incontournable d’Enquêtes (RTL)
L’inspecteur Bertrand Caroy, responsable du service Circulation routière de la Zone de Police Boraine, et par ailleurs figure incontournable d’Enquêtes © RTL Belgium/Nicolas Velter

C’est une soirée habituellement imbibée et… accidentée. À la veille de la Saint-Sylvestre, l’institut Vias pour la sécurité routière a mis en garde : trois fois plus d’accidents sont provoqués par un conducteur alcoolisé au Nouvel An (22 en moyenne) par rapport à Noël (sept en moyenne).

Selon la dernière analyse statistique de Vias, plus d’un tiers (35%) des collisions durant le réveillon du Nouvel An sont causées par un automobiliste sous l’influence de l’alcool. Un taux qui n’est «que» de 26% pour le réveillon de Noël et qui descend à 16% pour une nuit classique. La toute fin de l’année est donc une période propice à un petit rappel concernant les risques liés à la conduite alcoolisée.

L'inspecteur Bertrand Caroy, responsable du service Circulation routière de la Zone de Police Boraine, et par ailleurs figure incontournable d’Enquêtes, le programme de RTL, revient pour Moustique sur quelques mythes à casser une fois pour toute, afin d’associer fêtes et sécurité.

«J’ai bu de l’eau entre chaque verre d’alcool, donc pas de soucis je peux reprendre le volant»

Mauvaise idée. «Ce qui importe, c’est la quantité d’alcool que vous allez ingérer au total de la soirée, répond Bertrand Caroy. Même si vous buvez deux verres d’eau entre chaque verre d’alcool, mais que par ailleurs vous avez bu quatre verres de vin en une heure, vous serez au-dessus de la limite légale».

«Si j'ai un taux d'alcool de moins de 0,5 g/l dans le sang, je peux conduire sans danger»

En Belgique, la limite légale pour la conduite est de 0,5 g/d’alcool par litre de sang, ou 0,22 mg par litre d’air alvéolaire expiré. Comme le rappelle l’Agence wallonne de sécurité routière (AWSR), les processus de conduite automatisés commencent à se détériorer à partir d’un taux de 0,5 g/l (vous avez alors 1,4 fois plus de risque d’avoir un accident). Les processus nécessitant une attention consciente du conducteur sont toutefois déjà affectés à partir de 0,2 g/l.

«0,5 g/l, on y est très vite, rappelle Bertrand Caroy. Après deux bières de 25 cl en moyenne, on est déjà à la limite. Attention aussi à la taille du verre : les gens peuvent avoir leurs repères, mais un ami qui vous sert à ras-bord ne vous rend pas toujours un bon service. Il faut aussi distinguer la conduite sous l’influence de l’alcool et une autre infraction que nous sanctionnons également, à savoir l’ivresse au volant. Celle-ci peut être manifeste même quand le test d’haleine est négatif. Ça peut être après une prise de médicaments dont on n’a pas lu la notice listant les effets secondaires, où la prise de drogue, que nous constatons malheureusement de plus en plus souvent…»

«J’ai attendu une heure entre mon dernier verre et le moment de prendre le volant, je suis en sécurité»

Un autre mythe battu en brèche par l'inspecteur de police. «Quelqu’un qui passe une soirée arrosée, qui rentre aux petites heures, qui va se coucher, peut tout à fait rester positif à l’éthylotest en prenant la voiture à son réveil dans l’après-midi. Tout dépend de la cadence et, j’insiste, du total de ce que vous avez bu. Il faut faire aussi attention au digestif que les restaurateurs proposent parfois à la fin du repas : même si vous avez arrêté de boire après l’entrée, ce petit digestif à lui seul peut vous rendre positif».

À noter qu’après 4 verres d’alcool et un taux maximum estimé à 0,7g/L dans le sang, il faudrait en moyenne 2 heures, pour un homme en bonne santé de 75 kg pour revenir sous les 0,5g/L, calculait par ailleurs la RTBF. En cas de grosse cuite (plus de 10 verres), toute une nuit de sommeil est donc potentiellement insuffisante pour que vous soyez apte à la conduite.

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«Café, bonbons... Il existe des astuces pour diminuer le taux d’alcool»

«Il n’existe aucun moyen de se désenivrer plus rapidement, balaye Bertrand Caroy. Boire du café, manger du cervelet, et j’en passe… Ça ne fonctionne pas. Idem en ce qui concerne faire des pompes, du sport pour faire circuler le sang... C’est n’importe quoi. Encore une fois, il n’a que le temps qui va permettre d’évacuer l’alcool dans les urines».

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«Pas de danger, je ne vais pas loin»

Lorsqu'on connaît bien le trajet ou qu’on n’a que quelques minutes à rouler, on a tendance à relâcher notre attention au volant et à passer en mode «pilote automatique». Notre vigilance diminue,  et ce d’autant plus sous l’effet de l’alcool. «C’est une excuse qu’on entend en effet souvent : je n’habite pas loin, je ne dois rouler que cinq minutes… Mais il faut moins de temps que cela pour faire un accident,  juste en sortant de son garage, en ayant pas vu un autre véhicule lors d’un créneau... »

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«Je n’ai pas besoin d’organiser mes déplacements à l’avance»

«C’est une très mauvaise idée. La première règle, c’est évidemment : quand on boit, on ne conduit pas. Et pour ça, il faut s’organiser avec les gens avec qui on passe la soirée. Et le faire avant de sortir, pas attendre d’être en pleine soirée, lorsque on n’est plus en état de juger si on est en état de conduire. Ça peut être une solution d’hébergement, un BOB, ou le taxi, qui restera toujours plus rentable qu’une amende. À 179 euros l’amende minimum en cas de conduite sous alcool, il faut déjà faire un long trajet en taxi pour vouloir prendre le risque», conclut Bertrand Caroy.

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