Passé colonial : «le baroud d'honneur du président de la commission est hors de propos», selon le MR

Il y a dix jours, la commission parlementaire qui s'est penchée durant deux ans et demi sur le passé colonial de la Belgique n'avait pas pu approuver la proposition de recommandations de son président.

Wouter de Vriendt (Groen) à la Chambre en juillet 2022
Wouter de Vriendt (Groen) à la Chambre en juillet 2022 @BELGAIMAGE

Le président de la commission spéciale de la Chambre sur le passé colonial de la Belgique, Wouter De Vriendt (Ecolo-Groen), «tente un baroud d'honneur» en proposant de voter les recommandations séparément d'un texte incluant des excuses, mais cette proposition est «hors de propos» en l'absence d'un accord entre partenaires de la Vivaldi, a commenté mercredi le chef de groupe MR, Benoît Piedboeuf.

Il y a dix jours, la commission parlementaire qui s'est penchée durant deux ans et demi sur le passé colonial de la Belgique n'avait pas pu approuver la proposition de recommandations de son président. Fruit d'une tentative de compromis, le texte incluait des excuses, un mot que ne voulaient lire ni les libéraux, ni le CD&V, préférant s'en tenir aux «regrets» déjà exprimés par le Roi.

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Ce mercredi matin, M. De Vriendt a proposé d'isoler les excuses dans un texte séparé, afin de sauver les autres recommandations en les mettant au vote sous forme d'une résolution. «On comprend que M. De Vriendt (Groen) essaie de faire un baroud d'honneur avec (le député Ecolo) Guillaume Defossé, mais il faut un accord Vivaldi pour mettre un texte au vote, or on sait que sur un texte sans excuses, le PS n'est pas d'accord», a commenté M. Piedboeuf, interrogé par Belga.

Des majorités alternatives?

Après la sortie de M. De Vriendt, le PS avait en effet confirmé qu'il ne voulait pas de «recommandations au rabais» sur le passé colonial de la Belgique. Pour les socialistes, le texte doit comporter des excuses et un fonds de compensation. Voter sur deux textes séparés comme le propose Wouter De Vriendt pourrait générer des majorités alternatives.

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«C'est hors de propos, parce qu'alors, on peut aussi sortir d'autres textes qui sont en attente, notamment sur le nucléaire», selon M. Piedboeuf. «On ne met au vote que des textes qui font consensus. Nous restons ouverts et constructifs, mais je ne vois pas très bien comment aboutir si les uns et les autres restent sur leur position», a-t-il ajouté.

 

 

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