«Garages fantômes»: l'escroquerie qui peut vous faire vivre un cauchemar

À cause d'une usurpation d'identité, l'arnaque des «garages fantômes» peut vous attirer de graves ennuis, allant jusqu'à plusieurs centaines de milliers d'euros d'amendes.

Voitures volées
Des voitures volées retrouvées dans un garage à Bruxelles ©BelgaImage

Christophe est un commercial lambda, sans histoire. Dernièrement, à son grand étonnement, il apprend que près de 250 véhicules sont immatriculés à son nom. Des voitures qui ont servi à commettre des braquages à main armée, des délits de fuite, etc. Résultat: il n'a rien fait et se retrouve pourtant avec 250.000€ d'amendes. Ses mésaventures, racontées par TF1, illustrent parfaitement un nouveau type d'arnaque. Christophe a été victime des méfaits d'un «garage fantôme». Tout ça à cause d'une usurpation d'identité qui l'a précipité dans une mécanique infernale dont les victimes ont dû mal à sortir.

Une faille exploitée par les malfaiteurs

Pour l'instant, c'est surtout en France que ce genre de cas a été répertorié. Le piège est le suivant. Les escrocs usurpent d'abord l'identité d'une personne X, par exemple via quelques clics en ligne. Ils créent ensuite un «garage» fictif à son nom et immatriculent ainsi des centaines de véhicules. Ces derniers vont dès lors pouvoir commettre des délits en toute impunité, puisque les amendes iront à l'adresse de cette personne X.

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Comme l'explique France Info, même après dépôt de plainte et radiation de cette société qui n'existe pas (l'adresse étant elle aussi fictive), les voitures en question continuent de commettre des infractions. L'affaire peut ainsi prendre l'allure d'un casse-tête administratif. Sur la voie publique, les policiers sont incapables de savoir s'ils ont face à eux une voiture en règle ou provenant d'un «garage fantôme». C'est au petit bonheur la chance, avec certains véhicules saisis qui se sont par la suite avérés provenir de ce type d'arnaque.

En France et en Belgique: un manque de données

Outre-Quiévrain, il n'existe aucune donnée officielle pour connaître l'ampleur du phénomène, même si la problématique existe depuis plusieurs années. Seule précision: il semble que la région de Lille soit la plus touchée dans l'Hexagone. Qu'est-ce qu'il en est de l'autre côté de la frontière, en Belgique? Là aussi, difficile de le savoir avec exactitude. Nous avons contacté les zones de police de Mons, Namur et Liège mais elles disent ne pas avoir connaissance de ce genre de cas. Parfois, le concept de «garage fantôme» leur était même inconnu.

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Nous avons également contacté le Ministère public belge pour en savoir plus. Ici, idem. «Nous avons fait des recherches auprès du parquet de Bruxelles et ils n'ont pas connaissance de tels délits», nous fait-il savoir. Le service juridique précise toutefois: «Malheureusement, notre service des statistiques ne peut pas distinguer ce sujet des autres crimes, donc aucun chiffre n'est disponible. Il n'est pas possible de fournir plus d'informations». Il règne donc un certain flou à propos des «garages fantômes».

La difficile tâche de repérer et démanteler les «garages fantômes»

En France, la riposte commence à s'organiser au niveau des autorités publiques. «C'est un long travail et c'est difficile à démanteler parce qu'il est compliqué de remonter toute la chaîne jusqu'à l'usurpation d'identité», explique à la télévision publique française Fabienne Decottighnies, secrétaire générale à la préfecture du Nord. «Mais c'est une problématique nationale», assure-t-elle.

Un des seuls chiffres disponibles: dans les Hauts-de-France, quinze «garages fantômes» ont été démantelés en un an et demi. Mais il reste a priori beaucoup de travail. Selon un enquêteur cité par le Journal du Dimanche, seul un «garage fantôme» sur dix ou quinze serait sanctionné par une fermeture en France.

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