Crise de l'accueil: une délégation d'associations refuse de quitter le bureau d'Alexander De Croo

Les associations ont réclamé des mesures concrètes pour accepter de s'en aller. Le Premier l'aurait mal pris.

De Croo à propos de l'ukraine
Alexander De Croo. (@Belga Image)

Le Premier ministre Alexander De Croo recevait lundi une délégation d'associations qui viennent en aide aux demandeurs d'asile. La rencontre était organisée pour que les organisations proposent des actions concrètes concernant la situation préoccupante des demandeurs de protection, contraints de dormir dans les rues de la capitale. La délégation a toutefois refusé de quitter les lieux, estimant qu'aucune mesure concrète n'avait pu être établie.

Il s'agissait de la troisième rencontre entre la délégation et le Premier ministre au sujet de l'accueil des demandeurs de protection internationale depuis le mois d'octobre. Les représentants des associations (CIRÉ, Hub humanitaire, Médecins du Monde, Médecins sans Frontières, la plateforme citoyenne, BelRefugees et Vluchtelingenwerk Vlaanderen) demandaient notamment la mise en place du plan fédéral de crise.

Le Premier l'aurait mal pris

Les membres de la délégation ont finalement annoncé qu'ils ne sortiraient pas du cabinet tant que des mesures concrètes de la part du Premier ministre ne seraient pas proposées. Alexander De Croo l'aurait très mal pris, serait sorti avec la liste comprenant une quarantaine de mesures réalisables, avant d'appeler la sécurité.

«C'est inadmissible, on a un gouvernement qui ne respecte pas l'État de droit. C'est une question de droits humains», s'indigne Alexis Deswaef, co-président de la plateforme citoyenne. Le Premier ministre est sorti de la réunion vers 12h00. Il s'est félicité des avancées faites par le gouvernement et par la secrétaire d'État à l'Asile et la Migration, Nicole De Moor.

«On fait notre maximum. 2.000 places ont été libérées. On peut garantir aujourd'hui que les gens qui sont dehors ont la possibilité de trouver refuge», a-t-il affirmé. "C'est faux, des gens dorment dans des squats", l'a confronté Alexis Deswaef.

L'État belge condamné de nombreuses fois

Les différentes organisations déplorent le manque d'action de la part de l'État belge malgré les nombreuses condamnations des instances juridiques belges et de la Cour européenne des droits de l'Homme concernant la gestion de l'asile et de l'accueil.

Les différents représentants des associations ont pris la parole depuis la fenêtre de la salle occupée, peu avant 13h00. "Nous avons proposé deux mesures claires: la mise en place du plan de crise fédéral et l'ouverture de 1.000 places d'accueil", a déclaré Sotieta Ngo, directrice du Ciré. «Nous ne savons plus comment faire notre métier», a-t-elle poursuivi. Les différents membres des associations ont décidé de rester dans la salle, jusqu'à ce que ces deux mesures concrètes soient mises en place. Le Premier ministre devrait retourner à la chancellerie vers 20h00. À l'issue de la rencontre entre les organisations et le Premier, il lui a été proposé d'activer la phase fédérale de crise endéans les 48 heures.

Des épidémies se propagent

Les associations déplorent une situation inédite. «On n'a jamais vu ça en Belgique. D'habitude on fait face à ce genre de situation dans des zones de conflit», affirme David Vogel, chargé de plaidoyer pour Médecins sans Frontières. «On constate que la situation sanitaire est très grave. Faute de places dans les centres d'hébergement, ces personnes n'ont plus accès aux soins du tout», poursuit-il. Il constate également que des épidémies de gale et plus récemment, de diphtérie, sont en train de se propager parmi les demandeurs de protection qui sont contraints de dormir dans la rue dans des conditions climatiques particulièrement rudes.

La situation dans la rue des Palais inquiète particulièrement les associations. D'après elles, sans réquisition de sites et de personnel, la situation ne s'améliorera pas.

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