Bruxelles adopte un Plan de lutte contre le racisme: voici ce qu'il prévoit

Le nouveau plan bruxellois de lutte contre le racisme est pour la première fois envisagé de manière transversale, avec toute une série d'initiatives en prévision.

Manifestation contre le racisme
Manifestation lors de la journée internationale pour l’élimination des discriminations ethniques, le 20 mars 2022 à Bruxelles ©BelgaImage

Le gouvernement bruxellois a définitivement adopté jeudi le Plan bruxellois de lutte contre le racisme 2023-2026. Celui-ci vise à permettre à chaque personne de se sentir respectée, indépendamment de sa prétendue race, couleur de peau, nationalité, ascendance et origine nationale ou ethnique et d'exercer ses droits à Bruxelles: se loger, travailler, prendre les transports en commun, se soigner ou circuler en sécurité dans l'espace public.

De nombreuses pistes d'action

Avec la concrétisation de ce Plan, la Région bruxelloise veut continuer à jouer le rôle moteur qui la caractérise en matière de respect des droits fondamentaux, a indiqué la secrétaire d'État à l'Égalité des Chances, Nawal Ben Hamou (PS). Selon celle-ci, à travers ses 48 actions très concrètes, ce plan est inédit parce que son élaboration se base sur les «Assises contre le Racisme» organisées par le Parlement Bruxellois, sous l'impulsion de son président, Rachid Madrane, d'avril à septembre 2021. C'est à partir de ces auditions que les parlementaires bruxellois(e)s ont rédigé 207 recommandations à l'adresse du gouvernement bruxellois.

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Pour la première fois à Bruxelles, la lutte contre le racisme est envisagée de manière transversale, sous le prisme de l'ensemble des compétences ministérielles. Le Plan place la sensibilisation et l'information au cœur de ses actions, à travers notamment, l'histoire des discriminations séculaires à l'égard des Roms, l'histoire de l'antisémitisme, de la colonisation et leurs traces dans l'espace public; la valorisation des apports inestimables des immigré(e)s, des mouvements antiracistes et les enrichissements mutuels entre cultures de diverses origines; la déconstruction des stéréotypes racistes; l'éducation aux droits fondamentaux; le rappel à la norme interdisant le racisme et la discrimination dite raciale, le renforcement du contrôle de la législation anti-discrimination et enfin, l'application de sanctions lorsque cela s'avère nécessaire. Il est aussi question de formation continue de nombreux acteurs aux outils existants pour prévenir et contrer le racisme et la discrimination; d'amélioration de l'accueil et de l'accompagnement des victimes, de simplification des signalements.

En marge des Assises, le gouvernement bruxellois a lui aussi lancé une multitude de consultations, soumettant ce Plan à l'avis des partenaires sociaux, du CCOJB, de la Coalition Napar et d'Unia. La concertation sera également de mise la mise en œuvre du Plan, si l'on en croit la secrétaire d'Etat. Le secteur associatif, qui se verra pérennisé dans son action au travers de la nouvelle règlementation bruxelloise relative au subventionnement pluriannuel restera de la partie, sera représenté au sein du futur Conseil bruxellois à la lutte contre le racisme. Cette instance sera instituée afin de rendre des avis d'initiative ou à la demande d'un(e) membre du gouvernement sur toute initiative relative à la lutte contre le racisme.

Chaque mesure du Plan est budgétée et prévoit des indicateurs de suivi. Le Plan fera l'objet d'un monitoring régulier via le cabinet de la Secrétaire d'Etat à l'Égalité des chances et equal.brussels. L'évaluation finale sera réalisée par un(e) prestataire externe afin d'assurer un processus d'évaluation solide et neutre. Cette dernière évaluation ainsi la mise en œuvre concrète du Plan seront présentées au parlement bruxellois par chacun et chacune des membres du gouvernement concerné.

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