Quand il faisait -30°C: comment la Belgique a oublié ses grands hivers (vidéos)

Si cette semaine sera marquée par des températures négatives, ce ne sera rien comparé à ce que la Belgique a pu connaître au siècle passé.

Meuse gelée
La Meuse gelée, le 24 janvier 1985 ©BelgaImage

Cette semaine, il va faire froid, très froid. Ce lundi soir, certaines régions de Belgique pourraient atteindre -10°C, selon l'IRM. Mercredi, les températures pourraient ne jamais dépasser 0°C, même en pleine journée, sauf à la côte. Un temps glacial qui tombe particulièrement mal en cette période d'inflation des prix de l'énergie. Mais la Belgique a connu bien pire. À une époque qui semble désormais révolue, le thermomètre pouvait descendre beaucoup plus bas.

La guerre 40-45 et ses records de froid

La palme de la température minimale jamais enregistrée en Belgique revient à Rochefort, en province de Namur. Le 20 janvier 1940, juste avant l'invasion nazie, il y faisait -30,1°C. Comme l'explique un échevin de la ville à la chaîne télé locale Matélé, ce relevé a été fait dans une vallée qui constitue une dépression de la Famenne, entre l'abbaye Saint Remy et l'actuel parc d'activité économique. Ce jour-là, il a également fait –28,5°C à Ciergnon (Houyet), –25,5°C à Haacht et –22,2°C à Vilvorde. Plus globalement, c'est tout janvier 1940 qui a été froid. À Uccle, il y a ainsi eu 30 jours de gel ce mois-là, du jamais vu (avec 1945 et 1963).

Contrairement à aujourd'hui où chaque année est susceptible de battre des records de chaleur, c'étaient des records de fraîcheur qui étaient atteints à l'époque. Il était par exemple possible avoir -2,2°C à Uccle en plein mois de mai 1943. En règle générale, la guerre 40-45 a été glaciale. En février 1942, il a gelé tous les jours dans la capitale. Idem en janvier 1945, alors que faisait rage la bataille des Ardennes. Le 26, il faisait -13,9°C à Uccle.

Les terribles hivers 1963 et 1985, mais aussi un réchauffement global

Par la suite, des épisodes de grand froid ont continué à frapper la Belgique. C'était notamment le cas le 30 décembre 1950, lorsque l'on relevait jusqu'à –22,2°C à Rochefort, –17,3°C à Uccle et –11,0°C à Coxyde. Tout le pays est alors recouvert d'un épais manteau neigeux pour les fêtes de fin d'année. Il n'est à ce moment-là pas anormal de descendre aussi bas. Uccle a par exemple atteint -16,7°C le 29 février 1956. Ce mois-là sera le plus froid de tout le XXe siècle, avec une moyenne mensuelle de seulement -6,1°C et une température minimale moyenne de -10,3°C. Ces hivers rudes se répèteront par la suite, comme en 1963 où même la Cascade de Coo est gelée!


Mais petit à petit, les climatogrammes montrent une tendance globale des températures à la hausse. L'IRM montre qu'à Uccle, celles-ci étaient relativement stables avant 1970 (avec toutefois déjà une hausse comparé au XIXe siècle). Ensuite, les normales climatiques se cesseront d'augmenter: 9,8°C en 1961-1990, 10,2°C pour 1970-2000, 10,6°C en 1981-2010, et enfin 11°C en 1991-2020.

@IRM

Avec cette nouvelle tendance, il devient extrêmement rare d'avoir des grands hivers comme a pu en subir la Belgique auparavant. Le dernier épisode marquant en date remonte à l'hiver 1984-1985, lorsqu'il fallait même un brise-glace pour naviguer sur l'Escaut. Au début, il était pourtant particulièrement clément. Le premier jour de gel à Uccle n'arrive que le 29 décembre 1984. Mais dès le 3 janvier, c'est la dégringolade. Le 8, il fait –26,2°C à Crupet (Assesse), –25,4°C à Rochefort et –22,8°C à Kleine–Brogel (en Campine). Et ce n'est que le début! Deux des vagues de froid les plus sévères que la Belgique ait connues se sont déroulées du 3 au 11 janvier puis du 13 au 19 janvier, avec un fort enneigement pour couronner le tout (65 cm au Mont-Rigi de Waimes, 23 cm à Uccle et 9 cm à Coxyde). Mi-février, rebelote, avec –18,7°C à Saint-Vith. À la fin de l'hiver, les cultures fruitières et de pépinières sont dévastées.

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