Les voyages de luxe de Marcourt et son greffier sous le feu des critiques

Des sommes importantes d'argent publique ont été déboursées pour un voyage à Dubaï de M. Marcourt et de son greffier. Pour ce dernier, ce type de dépenses serait devenu une habitude.

Marcourt et Janssens
Jean-Claude Marcourt et Frédéric Janssens derrière lui, le 28 avril 2021 au Parlement wallon, à Namur ©BelgaImage

Il y a un an, en novembre 2021, le président du Parlement wallon, Jean-Claude Marcourt (PS), fait un passage à Dubaï avec son greffier, Frédéric Janssens (MR). Une mission officielle à deux qui fait aujourd'hui couler beaucoup d'encre. En cause: les dépenses faramineuses pour ce voyage de quelques jours, listés par des enquêtes du Soir et de la RTBF. Trajet en business class, hôtel de luxe, guide locale pour les accompagner, etc. De quoi donner le sentiment que la sobriété n'était pas à l'ordre du jour. Mais au-delà de cela, certains éléments posent de véritables questions de fond sur la manière dont est géré l'argent public lors de ce type de voyage.

19.000€ pour deux en quatre jours... au minimum!

Ce séjour à Dubaï, prévu du 11 au 15 novembre, n'était en réalité pas prévu pour deux personnes mais pour six. Mais alors que la date se rapproche, tout le monde se désiste. Tous sauf deux: Jean-Claude Marcourt et son greffier. Le Bureau du Parlement justifie ce maintien par plusieurs arguments. Ceux-ci sont notamment liés à la volonté d'y aborder des thématiques en lien avec les compétences régionales, surtout qu'une semaine «spéciale Wallonie-Bruxelles» était organisée à ce moment-là à Dubaï.

Le vol vers les Émirats arabes unis semble déjà problématique. Deux tickets ont été pris en classe business sans que n'apparaisse la «dérogation dûment motivée» nécessaire pour éviter de prendre des billets en classe économique. Le compteur monte donc déjà à 4.266€ aller-retour par personne. Il faut y ajouter la réservation d'un salon VIP pour l'aller, soit 125€ HTVA. Sur place, ils sont logés dans des chambres de luxe au prestigieux hôtel «W Dubaï - The Palm». Cela revient à 542€ par nuit et par personne, soit un total de 4.333€. Ajoutons à cela la guide locale recrutée pour quatre jours, facturée à 3.446€. Tous ces coûts ont été confirmés par la RTBF.

À lire: Maison des parlementaires de Namur: le coût des travaux a explosé

Au total, Le Soir estime que ce petit périple sous les tropiques «avoisine les 19.000€», tout en précisant que d'autres coûts sont peut-être passés sous les radars du journal. Dans le premier budget approuvé pour le voyage originel à six, il était question de 1.100€ par personne pour les quatre jours de repas.

Un greffier très dispendieux

Ce voyage fait déjà polémique mais l'affaire ne s'arrête pas là. Ce jeudi, la RTBF a révélé que les dépenses problématiques du greffier dépassent de loin ce seul passage à Dubaï. Frdéric Janssens a également pris des Business Class pour d'autres destinations comme Los Angeles, Montréal, Nashville, etc., toujours avec des prix exorbitants. Ici aussi se succèdent les repas, les hôtels de luxe et les guides touristiques. Ajoutons à cela sa double voiture de fonction, ses pleins d'essence pour aller chez lui (dans le Midi) et des frais liés à des travaux (dont «un tunnel creusé pour éviter de croiser les gens», note la RTBF). Pendant ce temps, ces missions lui font faire le tour du monde. Bref, le greffier ne serait pas un modèle de sobriété, ni économique ni écologique.

Une élue interrogée par la RTBF (qui veut garder son anonymat) explique qu'elle a pensé à arrêter la politique en découvrant cette affaire, elle qui pensait que le fantôme de Publifin faisait partie du passé. «Faut le dire, madame Y commence à pleurer», note la télévision publique, qui précise qu'elle se sent démunie, parce qu'«elle sait que la prochaine campagne risque d’être marquée par une vague de méfiance et d’antipolitisme». En septembre dernier, Frédéric Janssens a été suspendu avec maintien de son salaire. Lui sont reprochés des faits potentiels de harcèlement moral, sans oublier sa mise en cause dans la gestion des marchés publics du parlement wallon. Il fait désormais l'objet d'une procédure.

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