Procès des attentats de Bruxelles : «On n'a pas de préjugé, pas d'a priori. On ne défend personne»

La présidente de la session d'assises du procès des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles, Laurence Massart, a rappelé, lundi matin, quelques principes aux jurés, à commencer par celui de l'impartialité dont tout juge doit faire preuve.

Procès attentats de Bruxelles ©BelgaImage
Procès attentats de Bruxelles ©BelgaImage

Dans ce procès hors normes, dix hommes sont accusés, dont un, Oussama Atar, fait défaut. Les neuf autres, Mohamed Abrini, Osama Krayem, Salah Abdeslam, Sofien Ayari, Bilal El Makhoukhi, Hervé Bayingana Muhirwa, Ali El Haddad Asufi, Smail Farisi et Ibrahim Farisi comparaissent, détenus pour les sept premiers, libres pour les deux derniers.

La présidente a conseillé aux jurés de prendre des notes durant les débats et a insisté sur l'impartialité, le "travail à charge et à décharge" qui incombe aux trois juges de la cour et au jury. "On n'a pas de préjugé, pas d'a priori. On ne défend personne", a-t-elle dit.

La magistrate a aussi évoqué deux principes fondamentaux: l'égalité des armes entre les parties et la loyauté dans les débats. "L'accusé a toujours la parole en dernier lieu et les parties civiles n'ont pas la parole sur la peine, en cas de culpabilité, car on n'est pas dans une société de vengeance", a-t-elle ajouté.

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"Sans vous, le procès s'arrête", a également insisté auprès des jurés Laurence Massart. Lundi, deux jurés suppléants manquaient déjà à l'appel, ce qui fait déjà baisser la "réserve" de 24 jurés à 22, pour ce procès qui sera extrêmement long, entre six et neuf mois.

"Il y a deux phases dans un dossier pénal", a poursuivi la présidente, s'adressant toujours aux jurés. "Il y a la phase préalable au procès pénal. C'est l'enquête. C'est une procédure écrite, qui est secrète. Le dossier n'est alors accessible qu'à certaines personnes et dans certaines conditions. Cette enquête-ci fait près de 300 cartons. Trois juges d'instruction l'ont menée. Vous les entendrez en février. Puis, il y a la phase du procès pénal. Là, c'est inverse, tout est oral et public, donc toute l'enquête va revivre devant vous."

Après avoir donné ces quelques mots d'explication aux jurés, la présidente a énuméré les 60 devoirs d'enquête qu'elle avait ordonnés jusqu'à présent. Cinquante d'entre eux sont rentrés, dix doivent encore être scannés, a-t-elle précisé.

Ces devoirs concernent notamment des expertises psychologiques, l'identification de certaines personnes dans le dossier ou encore des enquêtes téléphoniques. L'un des devoirs concerne les images d'un drone survolant l'extérieur puis l'intérieur de la station de métro Maelbeek, a expliqué Laurence Massart.

Elle a également demandé à ce que soit démontée une installation permettant la retransmission audio et vidéo des débats dans un bureau du parquet fédéral sur le site du Justitia "au nom de l'égalité des armes". Enfin, la présidente a demandé la retranscription d'une discussion entre Mohamed Abrini, accusé dans ce procès, et Mehdi Nemmouche, l'auteur de l'attentat au Musée juif de Belgique à Bruxelles le 24 mai 2014 (qui avait fait quatre morts), dans le quartier de haute sécurité de la prison Bruges, et dont elle n'avait jusqu'ici que des extraits

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