«On en a assez des promesses» : le ras-le-bol des policiers gronde

Des milliers de policiers sont descendus ce lundi dans les rues de Bruxelles pour réclamer de meilleures conditions de travail.

Manif police
© Belga Image

Les policiers sont à bout. Et ils sont bien décidés à se faire entendre. Ils se sont élancés ce matin dans les rues de Bruxelles à grand coup de pétard pour faire entendre leur mécontentement. Le manque de moyens, de financement et le manque de considération du monde politique n’y sont pas pour rien.

«Les véhicules ne sont pas remplacés. On a des véhicules qui ont 200 000 km. Les formations on n’en parle même pas. Il n’y a pas de budget pour les formations, et on n'a pas le temps de laisser les collègues y aller.  Pour moi, c'est clairement le monde politique qui nous a abandonné. On a beau se plaindre. On a beau dire qu’il y a des choses qui ne vont pas, la phrase magique de notre hiérarchie, c’est 'Je suis désolé, on sait rien faire, y a pas de budget'», témoigne un policier qui préfère garder l’anonymat au micro de la Première.

Tolérance zéro

Mais ce n’est pas tout. Cette manifestation se produit trois semaines après l’assassinat du policier Thomas Monjoie, tué d’un coup de couteau à Schaerbeek et au lendemain de nouvelles violences portées au corps policier suite aux émeutes survenues à Bruxelles (mais pas que) après la victoire du Maroc sur la Belgique.

«C'est un collègue (Thomas Monjoie, ndlr) qui est touché, mais ça aurait pu être nous. On le savait très bien, ça allait arriver. Quand on voit le manque de moyens et le manque d'effectifs qu'on a sur le terrain», dénonce notre policier anonyme.

Le cortège se dirige vers le palais de Justice, pour dénoncer l’absence d'application d'une circulaire visant à sanctionner plus durement les auteurs de violence à l'égard des forces de l'ordre. «Ce que nous voulons, si on parle de tolérance zéro», argumente Vincent Gilles, du SLPF dans les colonnes de la RTBF, c’est qu’elle soit bien réelle. «C’est-à-dire que les magistrats décident que ce ne sont pas simplement des infractions.»

Des zones de non-droits

Le problème dans ce manque cruel d’effectif, c’est qu’il entraine avec lui des zones de non-droit, où la police n’a plus les ressources nécessaires, ni les bras requis pour parvenir à reprendre le contrôle. C’est le cas du quartier de la Gare du Nord à Bruxelles, lieu où le policier Thomas Monjoie a été poignardé. Avec son réseau de prostitution, de trafic de drogue, le quartier devient une zone complètement incontrôlable.

«On sait que la Gare du Nord est un coupe-gorge. Il n’y a plus de moyens engagés pour combattre ce genre de criminalité. Je pense qu'il y a plus de respect pour cette profession. Je crois que le citoyen commence à s'en rendre compte. Et si ça ne bouge pas ? Des histoires comme Thomas a vécu. Malheureusement, il y aura d'autres», soutient tristement le policier témoignant au micro de la Première.

Marre des promesses creuses

 Le cortège passera aussi devant le siège de l’Open Vld, parti du Premier ministre Alexander De Croo. «On en a assez des promesses», résume le permanent CGSP Eddy Quaino. «La ministre de l'Intérieur n'a pas tenu ses engagements en matière de revalorisation salariale ni d'aménagement de fin de carrière. Aujourd'hui, il y a un ras-le-bol.»

Même son de cloche du côté des syndicats qui expriment leur ras-le-bol. «Ce gouvernement a promis de travailler à une meilleure attractivité du métier de policier et de son statut, mais fait tout le contraire», indiquent-ils dans les appels à manifester. «Nous demandons un statut attractif, une revalorisation de notre métier avec une rémunération adéquate.» Le cortège achèvera son parcours au niveau du carrefour Arts-Loi.

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