Piétons et cyclistes en grand danger sur nos routes : le nombre de décès explose

Le baromètre de l'Institut Vias est sans appel : les piétons et cyclistes sont les grandes victimes des accidents de la route.

Piéton
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Comme tous les trimestres, l’Institut Vias publie son grand baromètre sur la sécurité routière. Les chiffres font froid dans le dos. Depuis le début de l’année, 326 personnes ont perdu la vie sur les routes. C’est 16 % en plus que l’an dernier à la même époque. Le nombre d’accidents corporels augmente lui aussi de manière significative (+12 % par rapport à 2021) pour culminer au niveau atteint en 2019, avant la période Covid.

Mais plus que ces croissances, ce sont les données concernant les usagers faibles qui inquiètent. Cette année, 49 cyclistes ont déjà perdu la vie. C’est 18 (!) en plus que les neufs premiers mois de 2021. Quant aux piétons, 39 ont succombé à leurs blessures. C’est une hausse de 10 % par rapport à l’an dernier. Les usagers faibles décédés représentent 25 % du total des personnes tuées sur nos routes.

60 % des cyclistes seuls en cause

" Ces chiffres sont vraiment tristes. Alors certes il y a une augmentation des cyclistes sur les routes, et c’est très bien comme cela. Mais cela n’explique pas tout. Lorsque l’on quitte les centres urbains, on se retrouve vite avec des infrastructures beaucoup plus rudimentaires. Il faut investir pour protéger ces usagers faibles. L’exposition au risque augmente à mesure que les cyclistes et piétons sont plus nombreux ", remarque Benoît Godart, porte parole de l’Institut Vias. Mais il va plus loin : " Les automobilistes doivent évidemment prendre conscience qu’il faut partager l’espace, qu’ils ne sont plus seuls. Mais il revient également aux cyclistes de prendre leurs précautions. On remarque que 60% des cyclistes qui se rendent aux urgences sont seuls impliqués dans l’accident. Les chutes peuvent être lourdes. On recommande le casque évidemment, surtout pour les plus jeunes et les plus vulnérables. "

S’il précise les plus vulnérables, c’est qu’un cycliste tué sur trois a plus de 70 ans. L’engouement du vélo électrique rend ce moyen de locomotion accessible au plus grand nombre. " Mais les vélos électriques augmentent les vitesses. Puis le poids du matériel est plus élevé. Les chutes sont donc plus lourdes. Il y a quelques semaines, j’ai reçu un appel d’un homme qui venait de perdre sa mère. La dame n’est pas décédée des conséquences de sa chute mais bien du vélo qui lui est retombé sur le crane. Porter un casque, c’est essentiel. Les personnes âgées sont de plus en plus impliquées dans des accidents de deux roues aux conséquences graves. "

Le fléau des trottinettes électriques régulé

Un autre phénomène prend de l’ampleur. Les accidents impliquant des trottinettes électriques explosent. En neuf mois, 1.305 accidents ont été dénombrés. Cinq accidents par jour. C’est presque deux fois plus que l’an dernier. " Et il ne faut pas se tromper. Ce chiffre est l’arbre qui cache la forêt. Car toutes les personnes qui chutent en trottinette ne font pas déplacer ambulance et police. Certains se rendent directement aux urgences avec des blessures qui peuvent être importantes. "

Pour endiguer le phénomène, le législateur a légiféré. Depuis ce premier juillet, il est interdit de rouler à plusieurs sur une trottinette. Il est également interdit de rouler avant ses 16 ans. Et dans tous les cas, la limite à respecter est de 25 km/h.  " Cela va dans le bon sens. Maintenant il faudra certainement attendre plusieurs mois avant de voir les effets de ces mesures. " Benoît Godart précise : " Certains pensent que rouler en trottinette est comme utiliser un jouet. Mais c’est un engin de déplacement, et il comporte des risques. Le public régulier qui utilise très fréquemment ce mode transport est souvent bien équipé. Mais le problème concerne surtout le public plus jeune qui passe par la location. "

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