Les bodycams seront enfin généralisées dans l’ensemble des zones de police

Les partis du gouvernement fédéral se réuniront la semaine prochaine pour établir les modalités de la généralisation des bodycams, sur la table depuis une dizaine d’années. Cet outil permettrait d’accélérer les enquêtes judiciaires.

bodycams police
Pour la zone de police Nivelles-Genappe, qui avait joué les pionniers l’an dernier, l’utilisation des bodycams est rentrée dans les habitudes. ©ÉdA

On en parle depuis plus d’une dizaine d’années et pourtant, les bodycams peinent à se généraliser dans les zones de police du pays. Une première avancée avait été réalisée en 2018 lorsque le parlement fédéral avait donné son accord pour le déploiement de ces petites caméras placées sur le torse des policiers en intervention, mais sans en détailler l’usage.

Cela a mené à des confusions et des problèmes au niveau du respect de la vie privée, certains riverains refusant d’être filmés à leur insu. Désormais, les obstacles juridiques ont été levés et une nouvelle mouture du texte est sur le point d’être approuvée. " Nous finalisons actuellement le texte. Il sera discuté la semaine prochaine avec les autres partis du gouvernement ", explique la porte-parole de la ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden. " Après approbation du conseil des ministres, les avis nécessaires seront sollicités et le texte sera ensuite soumis au Parlement. "

Une décision uniformisée

L’année passée, la police fédérale a lancé une procédure de marché public dans le but d’acheter 2900 bodycams d’ici 2024. Cette procédure de marché public est accessible aux zones de police qui voudraient s’y rattacher. Dans les zones de police qui utilisent déjà les bodycams, le moment d’activation de la bodycam est laissé à l’appréciation du membre du personnel.

" L’objectif est d’avoir une décision uniformisée pour l’ensemble de la police intégrée mais ce n’est pas encore le cas. L’usage est donc laissé à l’appréciation des zones de police "

– Laurent Masset

Le parcours législatif du texte relatif à la généralisation de la bodycam est donc encore long et il revient, en attendant, aux zones de police locales d’évaluer si oui ou non les policiers peuvent être équipés de pareil dispositif. Quasiment toutes les zones de polices du pays ont marqué leur feu vert pour ce dispositif mais le manque de moyens entrave la généralisation. " L’objectif est d’avoir une décision uniformisée pour l’ensemble de la police intégrée mais ce n’est pas encore le cas. L’usage est donc laissé à l’appréciation des zones de police ", explique Laurent Masset, porte-parole de la zone Marlow (Uccle, Auderghem, Watermael-Boitsfort).

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" Chez nous, par exemple, cela fait plus d’un an et demi que nous travaillons avec 75 bodycams. Cet outil est utile à la désescalade de certaines situations tendues. Le fait d’annoncer un enregistrement audio et vidéo étant de nature à ramener les uns et les autres à moins d’emportement dans leur comportement ", précise-t-il.

Une bodycam coûte 1000 euros

Les bodycams constituent dès lors un outil précieux qui permet de faire accélérer les enquêtes judiciaires. Toutefois, un enregistrement sera automatiquement supprimé après 12 mois s’il n’est pas considéré comme pertinent dans le cadre d’une enquête en cours ou comme preuve. " La caméra permet de visionner si, par exemple, un suspect s’est débarrassé d’une arme ou autre dans la nature. Elle permet donc de récupérer des éléments matériels qui peuvent s’avérer cruciaux dans le cadre d’enquête ", explique Eddy Quaino, délégué permanent CGSP ADMI pour le secteur de la police.

Les principales raisons qui peuvent expliquer cette lente implémentation sont d’ordre juridique mais également financière. " Le problème est toujours lié aux moyens. Il faut acheter la caméra mais également tout le matériel pour l’utiliser, le stockage des données, etc. ", précise-t-il. En moyenne, le coût de ce dispositif tourne autour de 1000 € à l’unité, achat de l’équipement, acquisition de la licence, et contrat de maintenance compris.

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