" Ce n’est pas le moment de toucher à l’indexation des salaires "

Ce n'est pas le moment de toucher à l'indexation automatique des salaires, outil spécifique belge, estime le commissaire européen en charge de l'Économie, Paolo Gentiloni, dans un entretien publié samedi par L'Echo et De Tijd.

AFP

Selon les prévisions de la Commission européenne, la Belgique serait, dans les deux années qui viennent, le pays de la zone euro affichant le plus grand déficit budgétaire. Et parmi les États dont l’endettement est supérieur à 100% du produit intérieur brut, c’est le seul qui verrait sa dette croître en 2023 et 2024.

Une distinction liée d’une part à des mesures d’aide " assez fortes " face aux prix de l’énergie, ainsi qu’à une spécificité bien connue: l’indexation automatique des salaires, relève le commissaire. Si cet outil est au cœur d’un vieux débat en raison de son effet sur la compétitivité du pays, " je ne pense pas que ce soit le meilleur moment pour y toucher ", indique M. Gentiloni. Qui estime que " dans ces circonstances particulières, si vous avez un outil pour répondre à la perte de pouvoir d’achat, il est moins controversé qu’il ne pourrait l’être en temps normal ".

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Croissance faible à très faible

En 2023, l’administration communautaire s’attend à voir la plupart des États membres de la zone euro afficher une croissance faible à très faible, à l’image de la Belgique (+0,2%). Alors que l’économie européenne entre dans une période de contraction, le commissaire Gentiloni, appelle en outre plus que jamais à la solidarité entre les États membres.

Il plaide en particulier pour renforcer le volet financier de la réponse à la crise énergétique. Il défend l’idée de mettre en place une enveloppe de prêts facilement accessibles aux États et ciblée sur la reconversion professionnelle et la formation " pour faire face à la dimension d’emploi de cette énorme transition que nous vivons ".

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