La Belgique entrera en récession à la fin de l’année

La Belgique entrera en récession à la fin de l'année, à l'instar de la zone euro, a annoncé vendredi la Commission européenne. Celle-ci a publié vendredi ses prévisions économiques détaillées pour l'Union européenne, la zone euro et les différents États membres.

La Belgique entrera en récession à la fin de l’année
European Commissioner for the Economy Paolo Gentiloni addresses media representatives as he gives a press conference on Autumn 2022 Economic Forecast at EU headquarters in Brussels on November 11, 2022. – The EU warned on November 11, 2022 the eurozone was set to fall into recession this winter as Brussels hiked inflation forecasts for 2022 and 2023 on the back of high energy prices. – AFP

Pour l’ensemble de 2022, l’économie belge affichera une croissance de 2,8% grâce à un bon premier semestre et à la levée des mesures liées à la pandémie de coronavirus, selon la Commission. L’inflation élevée et la baisse de confiance des consommateurs ont toutefois pesé lourdement sur la croissance au second semestre.

En conséquence, celle-ci a chuté à -0,1% au troisième trimestre puis à -0,4% au quatrième trimestre, faisant entrer la Belgique en récession. Selon les prévisions, la croissance économique stagnera au premier trimestre 2023 (+0,0 %), pour se redresser légèrement à partir du deuxième trimestre. Sur l’ensemble de l’année 2023, la Commission prévoit pour la Belgique une croissance de 0,2 %, qui passera à 1,5 % en 2024.

Inflation " exceptionnellement élevée "

L’inflation est " exceptionnellement élevée " en Belgique cette année, à 10,4 %, indique la Commission. Les prix élevés du gaz et de l’électricité se sont rapidement répercutés sur les autres biens de consommation, dont les prix continueront à augmenter fortement en 2023. L’indexation automatique des salaires a également alimenté cette hausse. La Commission prévoit une inflation de 6,2 % pour l’année prochaine, mais celle-ci devrait tomber à 3,3 % en 2024 grâce à la baisse des prix de l’énergie.

L’inflation belge est bien plus élevée que dans l’ensemble de la zone euro où celle-ci s’élève à 8,5 %. Seuls cinq pays enregistrent une inflation plus importante, l’Estonie (19,3%), la Lettonie (16,9%), la Lituanie (18,9%), la Slovaquie (11,8) et les Pays-Bas (11,6 %). En Allemagne et en France elle atteint respectivement 8,8 % et 5,8 %.

Déficit budgétaire

Les mesures prises par le gouvernement pour atténuer l’impact des prix élevés de l’énergie sur les ménages et les entreprises créent un déficit budgétaire de 5,2 % cette année (contre 5,6 % l’année dernière).

D’après les prévisions, le déficit repartirait à la hausse en 2023 pour atteindre 5,8 %. En cause, notamment, la détérioration de l’environnement macroéconomique, la poursuite de l’indexation automatique des salaires et la diminution des recettes de l’impôt sur les sociétés, en raison de la réduction des marges bénéficiaires. A contrario, la suppression progressive de la plupart des mesures des aides liées au prix de l’énergie au premier trimestre atténuera la pression sur les finances publiques.

Augmentation du taux de chômage

Le taux d’endettement devrait, lui, passer de 106% cette année à 108% l’année prochaine et à 109% en 2024, année qui devrait voir le déficit diminuer légèrement pour atteindre 5,1%, grâce à une amélioration de l’environnement économique et à la fin attendue des mesures de crise.

Enfin, la crise entraîne également un ralentissement du marché du travail. L’incertitude et la contraction de l’activité économique feront baisser la croissance du taux d’emploi de 1,8% en 2022 à 0,3% en 2023. Le taux de chômage augmenterait alors à nouveau, passant de 5,8% en 2022 à 6,4% en 2023.

Zone euro en berne

Les perspectives sont à peu près similaires pour la zone euro. La croissance économique devrait toutefois atteindre 3,2% pour l’ensemble de 2022 avant de s’écrouler à 0,3% en 2023.

La Commission prévoit également que l’inflation dans la zone euro culmine à 8,5 % cette année, pour baisser en 2023 mais rester à un niveau élevé, à 6,1%. L’inflation continuant à ronger le revenu disponible des ménages, l’activité économique devrait continuer à se contracter au premier trimestre 2023. Ce n’est qu’au printemps, lorsque l’inflation commencera à s’atténuer, que la Commission prévoit le retour à la croissance économique.

Sur le même sujet
Plus d'actualité