Critiques sur l’envoi de Hadja Lahbib au Qatar: De Croo défend son choix

Après que plusieurs personnalités politiques ont fait valoir leur mécontentement, le Premier ministre a défendu l'envoi de Hadja Lahbib au Qatar

Hadja Lahbib et Alexander De Croo
La ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib et le Premier ministre Alexander De Croo le 22 septembre 2022 à New York ©BelgaImage

Le Premier ministre Alexander De Croo défend le choix du gouvernement d’envoyer la ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib (MR) au Qatar pendant la Coupe du monde. "Nous en profitons pour délivrer un message", a-t-il répondu jeudi soir dans l’hémicycle après les interpellations de Theo Francken (N-VA), Annick Ponthier (Vlaams Belang) et François De Smet (DéFI).

"Choisir de parler est, à mon avis, un choix beaucoup plus audacieux"

Les trois députés de l’opposition plaident pour que le gouvernement belge n’envoie personne au Qatar, car des milliers de travailleurs migrants sont morts lors de la construction des stades et le pays n’est pas trop favorable aux droits des femmes et de la communauté LGBTQI+, font-ils savoir. La ministre fédérale du Climat Zakia Khattabi (Ecolo) a estimé sur Bel RTL que cette représentation officielle au Qatar est "surprenante". "Nous étions sur la ligne que si les Belges allaient en quart de finale ou en demi, par exemple, le Premier ministre et la famille royale se rendraient sur place. On trouvait que c’était un bon compromis. Ma collègue a pris une autre décision, mais je serai très attentive au discours qui sera tenu".

À lire: Coupe du monde: 3 ou 6.500 morts au Qatar, que cachent ces chiffres?

En début de semaine, le gouvernement a décidé de déléguer la ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib à la phase de groupes, avec pour consigne d’envoyer un "message fort et clair". Le Premier ministre De Croo a défendu ce choix à la Chambre jeudi soir. "Dans notre pays, nous avons toujours fait le choix de faire entendre notre voix, même si nous sommes parfois en profond désaccord avec les pays où se déroulent certains événements", a-t-il déclaré. "Si vous n’êtes pas là, vous ne serez pas entendu et vous n’aurez pas la possibilité de transmettre un message".

La Belgique n’est pas le seul pays occidental à faire ce choix, a déclaré le Premier ministre. "Tous les pays européens qualifiés font le même choix que nous", ainsi que des pays comme les États-Unis ou l’Australie. "Nous serions l’exception si nous choisissions la tactique du siège vide. Choisir de parler est, à mon avis, un choix beaucoup plus audacieux que d’être simplement absent d’un événement comme celui-ci".

Selon Francken et Ponthier, le message belge serait bien plus fort si le gouvernement était l’un des rares pays à ne déléguer personne. Theo Francken a également appelé les Red Devils à donner eux-mêmes un signal de résistance lors de leur passage dans l’État du Golfe.

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