Un jeune Belge sur cinq victime d’intimidation en ligne: qu’est-ce qui motive les auteurs?

Un nouveau rapport montre l'étendue de l'intimidation en ligne en Belgique et atteste de l'irresponsabilité des auteurs de ces attaques.

Illustration de l'intimidation en ligne
Un jeune homme devant un ordinateur ©BelgaImage

Un jeune Belge sur cinq est victime d’intimidation en ligne, ou cyberintimidation, révèle mardi une recherche de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes. Les attaques sexistes sont celles qui reviennent le plus et concernent un tiers des sondés. Le rapport s’intéresse également aux auteurs de ces méfaits, en étudiant plus précisément leur perception du problème.

Entre déresponsabilisation et volonté de mener "une guerre"

Parmi les 23% de personnes de moins de 25 ans ayant témoigné avoir été victime de cyberintimidation, plus d’une sur trois évoque un vocabulaire sexiste, la stigmatisation du corps ou de la sexualité et même des menaces de viol. Selon l’enquête de l’Institut, cela concerne presque autant les hommes (34%) que les femmes (37%).

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La recherche montre également que beaucoup d’auteurs d’intimidation en ligne ne se rendent pas compte qu’il s’agit d’actes répréhensibles. Ils sont également nombreux à exprimer des regrets quant à leur comportement et à affirmer avoir cherché un moyen de s’excuser. Une petite minorité semble toutefois "considérer les médias sociaux comme une zone de guerre permanente où tout serait permis", précise l’Institut. Celui-ci suppose également que l’âge joue un rôle prépondérant dans ces comportements, car les adolescents n’ont pas toujours conscience des limites à ne pas dépasser dans le cadre de leur activité en ligne. Le nombre de répondants de 35 ans ou plus ayant été victime de cyberintimidation n’est d’ailleurs que de 8%. L’Institut demande donc une sensibilisation des jeunes à cette problématique.

Un rapport sur le cyberharcèlement réalisé en 2019 par le CPCP (Centre Permanent pour la Citoyenneté et la Participation) précisait que "les agissements émis par les harceleurs étaient sous-tendus par la motivation de gagner en popularité auprès des pairs". "Le rapport dominant-dominé entretenu avec la victime procure un sentiment de toute puissance, favorisant une réputation positive de leader au sein du groupe de pairs. Le harceleur-type est également populaire et possède un réseau d’amis large, égal voire supérieur aux autres élèves non impliqués dans le harcèlement. Nous pouvons donc supposer que l’auteur de harcèlement, intégré socialement, se sente en disposition favorable pour commettre des agressions répétées sans risquer l’exclusion, en défendant un statut de leader au sein du groupe de pairs".

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L’institut pour l’égalité des femmes et des hommes rappelle que toute personne qui pense être victime de sexisme ou de discrimination peut le contacter gratuitement au 0800/12 800 ou via son site web igvm-iefh.belgium.be. Ces résultats sont basés sur un sondage échantillonné et une enquête ouverte réalisés en 2020 dans le cadre de l’enquête nationale sur le sexisme #YouToo?. Au total, 2.961 formulaires ont été complétés intégralement et 1.817 partiellement, soit un total de 4.778 répondants. Face à ces constats, la secrétaire d’État à l’Égalité des chances Sarah Schlitz souhaite que les victimes de violences sexuelles en ligne puissent directement porter plainte en ligne, indique-t-elle dans un communiqué. "Nous voulons donner la possibilité aux victimes de déposer plainte en ligne, ce qui augmenterait le dépôt de plainte et rendrait l’espace numérique plus ‘safe’".

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