Grève à Charleroi : un protocole d’accord a été trouvé, l’aéroport reste fermé mercredi pour les départs

Cinq policiers ont été blessés à l'aéroport de Charleroi, où la grève entraînera cette fois la fermeture totale pour les départs, d'où des dédommagements.

Grève à l'aéroport de Charleroi
Passagers attendant devant l’entrée du terminal 1 de l’aéroport de Charleroi, lors de la grève du 18 octobre 2022 ©BelgaImage

"L’aéroport de Charleroi (BSCA) restera fermé mercredi", a indiqué mardi à l’agence Belga Philippe Verdonck, le CEO de BSCA. L’entreprise a confirmé cette décision, précisant que les passagers à l’arrivée seront par contre accueillis normalement. La fermeture de l’aéroport de Charleroi dans le sens des départs mercredi engendre de facto l’annulation de tous les vols au départ et les passagers ont dès lors droit à un remboursement de leur billet ou à un vol alternatif, selon l’analyse de Test Achats. Ils n’ont, par contre, pas droit à une indemnité complémentaire. Entretemps, Ryanair a annoncé qu’elle proposera un vol alternatif ou un remboursement aux passagers qui avaient un vol prévu ces lundi et mardi à l’aéroport de Charleroi et qui n’ont pas été en mesure de se présenter à la porte d’embarquement (un ‘no show’) en raison des actions de grève du personnel de sécurité. C’est ce qu’a indiqué et salué mardi soir Test Achats, qui avait interpellé la compagnie aérienne irlandaise à bas coûts.

Un protocole d’accord a été trouvé 

Après deux jours de grève du personnel de sécurité à l’aéroport de Charleroi (BSCA), les syndicats CGSLB, CSC et FGTB sont parvenus à un protocole d’accord avec BSCA Security afin de maintenir l’unité du lot attribué à Security Masters, ont indiqué les syndicats mardi soir dans un communiqué commun.

Une rencontre organisée mardi en fin de journée par le ministre wallon des Aéroports Adrien Dolimont entre des responsables de BSCA Security et des responsables syndicaux avait permis de dégager des pistes de solution.  Les syndicalistes sont ensuite revenus auprès de leurs délégués pour leur présenter ces pistes, qui ont été acceptées.

" Le lot 1 ne sera pas divisé ", indique le communiqué, ce qui signifie que Security Masters reste pour l’instant le seul employeur pour la sécurité à l’aéroport de Charleroi.  L’entreprise est chargée des tâches de filtrage des passagers. Ce sont ses agents qui étaient partis en grève lundi et mardi pour dénoncer la décision de BSCA Security de scinder entre deux prestataires le prochain marché de sécurité relatif au filtrage des passagers. " Tenant compte de la nouvelle infrastructure à l’horizon 2025, assortie au nombre grandissant de passagers, des réflexions sur l’aménagement de la sécurité au sein de l’aéroport de Charleroi pourront être entreprises ", ajoute encore le communiqué

Un mardi sous haute tension et un mercredi encore incertain

Selon Philippe Verdonck, l’incertitude est trop grande quant au fait de savoir s’il y aura mercredi une grève ou non et l’aéroport ne souhaite pas prendre le risque d’une journée supplémentaire de difficultés pour ses passagers et son personnel. Au regard de cette situation, BSCA demande par conséquent aux passagers au départ de ne pas venir à l’aéroport. Ils seront rapidement informés par leur compagnie aérienne, par SMS ou par mail, assure l’aéroport carolo, qui les invite à prendre contact avec ces dernières pour leurs démarches de "re-booking" des vols.

Mardi, l’aéroport a été à nouveau le théâtre d’une série de débordements après la reconduite du mouvement de grève initié par les agents de sécurité de l’entreprise Security Masters contre la décision de BSCA Security de scinder un marché de sécurité (filtrage des passagers) entre deux prestataires. Selon Philippe Verdonck, cinq policiers présents sur place ont été blessés mardi en tentant de gérer les flux de passagers. "De façon légère ou plus grave, je n’ai pas d’informations à ce sujet", ajoute le CEO. "BSCA a l’habitude d’offrir un service de qualité. Nous ne voulons pas courir le risque de faire revivre à nos passagers les difficultés des deux derniers jours tant que le sous-traitant d’un de nos sous-traitants, Security Masters, n’a pas réglé le problème qu’il connait avec son personnel", affirme encore Philippe Verdonck.

Si l’aéroport n’est pas responsable des perturbations rencontrées, il centralisera les demandes via son formulaire de contact (https://www.brussels-charleroi-airport.com/fr/contact) afin de fournir les bonnes informations aux passagers, conclut-il.

Ryanair fait des concessions, Test-Achats reste attentive pour la suite

Dans la foulée des perturbations à BSCA de lundi et mardi, Test Achats avait rapidement interpellé Ryanair, qui assure la plus grande partie des vols au départ de Charleroi, en demandant quelles solutions la compagnie envisageait de proposer aux passagers. Elle l’avait encouragée à faire preuve de pragmatisme en proposant des solutions à ses clients, même si l’entreprise n’est réglementairement pas tenue de les rembourser si leur vol n’est pas annulé.

À lire: Grève à l’aéroport de Charleroi : quels sont les droits des voyageurs ?

Selon une réponse apportée mardi après-midi par Ryanair à Test Achats, toutes les personnes qui ont eu un ‘no show’ vont recevoir un e-mail d’annulation de leur vol, ce qui leur ouvre la porte à la réservation d’un vol alternatif ou à un remboursement. "Ryanair fait comme si les vols avaient été annulés", résume Julie Frère, porte-parole de Test Achats, qui salue cette décision. En agissant de la sorte, le transporteur irlandais à bas coûts va donc au-delà de son obligation légale et de ce qui est prévu par le droit européen, explique-t-elle. Test Achats prévient cependant qu’elle se montrera attentive et s’assurera en pratique que cet engagement sera respecté.

Une situation différente entre mercredi et les deux jours précédents

Les grèves menées depuis lundi matin par Security Masters, la société responsable d’assurer la sécurité à l’aéroport de Charleroi, ont eu pour conséquence que de nombreux passagers n’ont pas pu pénétrer dans l’aéroport et ont dès lors raté leur vol. Ces deux derniers jours, BSCA a finalement décidé de fermer ses portes, lundi à partir de 16h00, ce mardi dès la mi-journée. Ce mouvement n’est pas un "cas de figure explicitement visé par la réglementation sur le droit des passagers aériens", indiquait-on mardi matin chez Test Achats. Celle-ci donne théoriquement droit à un remboursement ou à une indemnité complémentaire si le vol est annulé. Or, ici, constate l’organisation de consommateurs, ce n’est pas le cas. Les voyageurs n’arrivent juste pas à embarquer.

Mercredi, la situation sera toutefois différente, selon son analyse, puisque BSCA a décidé de rester fermé dans le sens des départs toute la journée. "Cela engendre de facto l’annulation de tous les vols au départ de cet aéroport", explique Julie Frère, porte-parole de Test Achats. "Dans ce cas de figure, Ryanair, TUI Fly et Wizzair devront proposer aux passagers soit un remboursement, soit un vol alternatif. Aucune indemnité complémentaire n’est, par contre, due, vu que nous sommes dans un contexte de force majeure". Test Achats encourage toutes les personnes concernées qui ne se verraient pas offrir ce choix à la contacter au 0800/29.510, un numéro que l’organisation a ouvert mardi afin de recueillir des témoignages de passagers touchés par ces perturbations.

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