Grève à l’aéroport de Charleroi : quels sont les droits des voyageurs ?

Si vous devez prendre un vol ce mardi ou dans les prochains jours à l’aéroport de Brussels South Charleroi Airport, le mieux est de prendre contact le plus vite possible avec votre compagnie aérienne, conseille Test Achats. Mais sans certitude d’obtenir un remboursement.

Grève à l’aéroport de Charleroi: quels sont les droits des voyageurs ?
Les voyageurs en attente de rentrer dans le terminal 1 de l’aéroport, mardi 18 octobre @BELGAIMAGE

Le mouvement de grève qui a lieu depuis lundi à l’aéroport de Charleroi se poursuit. Les travailleurs de l’entreprise Security Masters ont reconduit mardi matin l’action de grève contre la décision de BSCA Security de scinder entre deux prestataires le prochain marché de sécurité (voir plus bas). Plusieurs médias font état sur place d’une situation très tendue.

"La direction de l’aéroport tient à s’excuser auprès de ses passagers pour les désagréments rencontrés et fait tout son possible pour les tenir informer et permettre leur départ. Le Terminal 1 est ouvert mais les actions du personnel de sûreté en charge de l’inspection filtrage sont toujours en cours et ralentissent fortement le trafic des passagers. Les arrivées, quant à elle, ne sont pas impactées", a communiqué mardi l’aéroport de Bruxelles-Charleroi.

Les compagnies opérant depuis l’aéroport (Tui, Ryanair, etc.) pourraient annuler d’autres vols au départ, a déclaré mardi Philippe Verdonck, CEO de l’aéroport dans l’émission De Ochtend sur Radio 1. Une réunion de crise est prévue dans la matinée. Dans un premier temps ce matin, les portes du terminal étaient restées fermées parce qu’il y avait trop de monde à l’intérieur. Depuis 8h00 environ, le passage a été libéré et les gens y ont à nouveau accès, a précisé le CEO. "Nous essayons d’informer au maximum les passagers. Je comprends la frustration des gens".

En début d’après-midi, l’aéroport de Charleroi a finalement décidé de fermer l’accès au terminal.

Conséquence de la grève du personnel de sécurité, certains vols ont décollé pratiquement à vide. "Nous demandons (aux compagnies) d’attendre le plus longtemps possible, afin que le plus grand nombre possible de passagers puissent embarquer, mais nous ne pouvons pas suspendre les vols", a ajouté Philippe Verdonck.

Que faire si mon vol n’a pas été annulé mais que je n’ai pas pu monter à bord ?

En cas d’annulation d’un vol, la réglementation européenne sur le droit des passagers aériens donne droit à un remboursement ou à un vol alternatif, ainsi qu’à une indemnité complémentaire de 250 à 600 euros. Attention : ceci ne vaut que pour une annulation (ou un retard) en cas de raisons internes à la compagnie aérienne, comme une grève du personnel.

En cas de force majeure, c’est-à-dire qui ne sont pas du ressort de la compagnie (météo, restrictions de voyage pendant le Covid-19, grève externe à la compagnie, des contrôleurs), "vous avez toujours le droit à un remboursement ou à un vol alternatif, mais pas à l’indemnité", nous explique Julie Frère, porte-parole de l’association de défense des consommateurs Test Achats.

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Problème : dans le cas qui nous occupe ici, il ne s’agit pas de vols annulés. "Ici, les voyageurs n’arrivent juste pas à embarquer. Les compagnies aériennes ont peu de marge de manoeuvre, elles subissent elles-mêmes les perturbations". "Le règlement européen ne prévoit pas ce cas de figure. Malheureusement, les voyageurs n’ont ici pas vraiment de leviers faciles à actionner contre les compagnies aériennes, vu que celles-ci ne sont pas responsables de la situation".

"Concernant les passagers voyageant avec TUI ce mardi, continue Julie Frère, il semblerait que tout soit sous contrôle, puisque tous les départs ont été redirigés vers Zaventem. Nous sommes en contact avec Ryanair pour savoir ce qui est proposé aux voyageurs, puisque contrairement à TUI, Ryanair n’opère plus depuis Zaventem".

"Pas d’obligation légale"

Si vous ne pouvez pas reculer votre départ, vous pouvez évidemment toujours essayer de prendre un autre vol à partir d’un autre aéroport. "Soyez néanmoins bien conscient que vous risquez certainement de perdre le prix de votre premier ticket. Encore une fois, la compagnie aérienne n’a pas ici d’obligation légale de vous proposer une solution", insiste Julie Frère.

Test Achats rappelle toutefois que les compagnies restent tenues de fournir toutes les informations dont elles disposent pour s’assurer que les voyageurs puissent embarquer (par exemple en conseillant d’arriver suffisamment à l’avance à l’aéroport)."Nous vous recommandons vraiment de prendre contact proactivement avec votre compagnie aérienne, si celle-ci ne l’a pas fait".

"L’autre levier d’action serait de démontrer qu’il y a une faute qui a été commise par l’aéroport ou par Security Masters, qui aurait causé un dommage aux passagers. On rentre alors là dans des considérations juridiques très complexes, qui impliqueraient l’introduction d’une action judiciaire. Il n’y a donc pas de réponse facile", soupire Julie Frère.

De son côté, Assuralia a indiqué à Belga que la situation en cours à l’aéroport de Charleroi n’était pas un "motif valable pour obtenir une intervention de l’assurance annulation", selon la porte-parole de l’union professionnelle des entreprises d’assurances, Nevert Degirmenci.

Les raisons de la grève

L’entreprise Security Masters, qui assure d’ordinaire le filtrage des passagers, mène des actions de grève depuis lundi à l’aéroport de Charleroi (BSCA) contre la décision des responsables de BSCA Security de scinder entre deux prestataires le prochain marché de la sécurité.

Le personnel de la société Protection Unit, employé d’habitude à d’autres taches de sécurité sur le site, tente de prendre le relais mais ne dispose pas du personnel suffisant pour permettre à l’ensemble des voyageurs de rentrer dans le terminal.

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