Des réfugiés mineurs ont dormi dans la rue : Fedasil se défend

Selon l'association Vluchtelingenwerk Vlaanderen, faute de place dans les centres d’accueil de Fedasil, 21 personnes réfugiées et mineures d'âge ont dû passer la nuit de mardi à mercredi dans la rue.

des réfugiés devant le centre fedasil
© BelgaImage

La crise de l’asile est un fait avéré en Belgique. Le nombre de personnes sollicitant la protection internationale est en forte hausse. Parmi elles, on compte de nombreux mineurs d’âge. Il en résulte un délai d’attente plus long pour l’attribution d’un tuteur et un retard dans le démarrage du test d’âge en cas de doute. Selon les sources de Vluchtelingenwerk Vlaanderen, 21 réfugiés âgés de 16 à 18 ans ont ainsi passé la nuit dernière dehors, du mardi à mercredi. Il semblerait qu’ils ont introduit mardi matin une demande d’asile au guichet installé à Pachéco mais en raison du manque de place, il leur a été demandé de revenir mercredi.

" Le système de protection des mineurs présente un inquiétant manque de capacité qui fait que les mineurs aussi se retrouvent maintenant à la rue. C’est particulièrement alarmant ", poursuit Tine Claus, directrice de Vluchtelingenwerk Vlaanderen. Fedasil travaille selon une logique qui considère comme personnes prioritaires les groupes vulnérables que sont les mineurs d’âge, les femmes et les familles. Les hommes seuls doivent, en cas de manque de places disponibles, passer la nuit dehors devant le Petit-Château. Mardi, la secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration Nicole de Moor (CD&V) a annoncé la mise sur pied d’un Plan hiver prévoyant des places d’accueil supplémentaires. " La seule solution est d’offrir plus de places d’accueil ", en conclut Tine Claus.

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" Il n’y a plus de places "

Fedasil, l’Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile, confirme mercredi que, la veille, une vingtaine de jeunes n’ont pas pu obtenir de place d’accueil. Il n’y a plus de place pour les mineurs non accompagnés, avoue l’Agence qui a pourtant ouvert 1.000 lits supplémentaires sur l’année écoulée. Un chiffre qui n’a pas suffi, aux vues de l’afflux de réfugiés mineurs d’âge.

" Cela fait des mois que nous avertissons que nous allons être débordés et ne pourrons plus accueillir les mineurs. Ce jour est arrivé ", explique Mieke Candaele, directrice communication chez Fedasil. Mardi, priorité a donc été donnée aux mineurs les plus jeunes et les plus vulnérables. La vingtaine de personnes qui n’a pas obtenu de place est constituée de jeunes pour lesquels il existe un doute qu’ils soient bien mineurs. Ils ont été dirigés vers le service de tutelle pour subir un test d’âge. Une procédure qui pourrait elle aussi prendre un certain temps.

Fedasil réfute fermement qu’aucun effort n’est fait. " Nous avons actuellement 3.139 places destinées aux mineurs. En août de l’an dernier, au début de cette période de crise, il y en avait 2.147. C’est un effort énorme réalisé par Fedasil ", assure Mieke Candaele. Toutes ces places sont pour le moment occupées, principalement par de jeunes Afghans, 2.173 au total. Ce groupe constitue 72% des mineurs non accompagnés hébergés en centre d’accueil. Pour le reste, 1.200 jeunes attendent toujours la nomination d’un tuteur. " Nous accueillons aussi de nombreux enfants de moins de 13 ans qui devraient être hébergés dans des lieux plus propices. Mais pour eux non plus il n’y a pas suffisamment de place. Fedasil fait plus que son devoir mais c’est ailleurs que des décisions doivent être prises ", conclut Mieke Candaele.

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