Budget fédéral: pourquoi les discussions tardent à aboutir

Aucune fumée blanche n'est apparue pour le budget fédéral alors que des négociations décrites comme «tendues» ont lieu.

Alexander De Croo à la Chambre
Le Premier ministre Alexander De Croo le 29 septembre 2022 à la Chambre des députés à Bruxelles ©BelgaImage

Le gouvernement fédéral était toujours réuni en conclave mardi vers 06h00 en vue de boucler son budget 2023. La cause de cet enlisement: notamment un conflit entre socialistes et libéraux.

Des désaccords et des avancées

Les principaux ministres de l’équipe De Croo sont réunis depuis lundi à 10h00 pour tenter de trouver un accord sur le budget 2023, après y avoir déjà consacré le week-end. Si une série de sujets semblaient recueillir un consensus suffisant, les tensions demeurent entre le PS et les libéraux, indiquait-on à bonne source. "L’ambiance est en dessous de zéro", commentait-on.

Peu avant minuit, les deux camps s’opposaient notamment sur la péréquation de la pension des fonctionnaires (qui permet de les adapter au coût de la vie au-delà de l’indexation). Dimanche, le Premier ministre, Alexander De Croo, a proposé de la supprimer pour l’année prochaine, suscitant la colère des socialistes qui y voient une façon de revenir sur des droits acquis en présentant à nouveau une mesure déjà refusée durant l’été. Lundi, en début de soirée, la mesure a été retirée des propositions… mais ce qui concernait l’augmentation de la taxe sur les comptes-titres ou la taxe bancaire a également disparu des tableaux budgétaires, a-t-on appris à bonnes sources, selon le principe qui veut faire correspondre augmentation des recettes et réduction des dépenses.

D’un côté, il était reproché au Premier ministre de "sortir de son rôle" et, de l’autre, l’on estimait que le PS devait choisir entre des "choix ambitieux" comprenant aussi bien l’adaptation de la péréquation que des mesures fiscales, ou un train de mesures moins ambitieux ne laissant que peu de place à des politiques nouvelles. Une autre source relativisait l’importance de la querelle: il est habituel que l’ambiance se tende en fin de négociation budgétaire quand il s’agit de boucler les accords. Parmi les points de désaccord figurent aussi des mesures fiscales comme la déduction du prêt hypothécaire pour les secondes résidences et les intérêts notionnels.

Entretemps, plusieurs versions des tableaux budgétaires ont été soumises aux partenaires gouvernementaux. Une bonne partie des discussions a porté ces derniers jours sur l’énergie. Le consensus semble se maintenir sur la taxation des surprofits ainsi que sur la prolongation du soutien de 196 euros pour le gaz et l’électricité jusqu’à la fin mars, en plus des autres mesures qui avaient déjà été prolongées. Il est également question d’une aide pour les ménages utilisant un poêle à pellets. La pérennisation des baisses de TVA sur le gaz et l’électricité moyennant une réforme du système des accises pour tenir compte des variations de prix était l’un des autres enjeux des discussions. Un accord a été trouvé, a-t-on confirmé à bonne source. Le régime des intérêts notionnels s’éteindrait quant à lui complètement. "Ça avance", ajoutait-on, sans donner de vue précise sur l’issue de la réunion. Le Premier ministre est attendu à 14h00 à la Chambre pour le traditionnel discours de politique générale.

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