Les chiffres interpellants du sans-abrisme en Belgique

Près d'un adulte sur cinq en errance a entre 18 et 25 ans, selon une étude menée par la Fondation Roi Baudouin (FRB) en collaboration avec l'UGent, la KULeuven et l'UCLouvain dans neufs villes et régions de pays, et publiée le lundi 10 octobre à l'occasion de la journée internationale de lutte contre le sans-abrisme.

Les chiffres interpellants du sans-abrisme en Belgique
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Les chercheurs mettent en évidence le besoin de prévention et d’accompagnement adapté pour ces jeunes. Parmi les 6.286 personnes sans-abri et sans chez-soi dénombrées en octobre 2020 et en octobre 2021 à Arlon, Charleroi, Gand, Louvain, Namur, Liège, dans la province du Limbourg, au sud de la Flandre occidentale et dans la région de Vilvorde, 1.208 sont des jeunes ayant entre 18 et 25 ans, rapporte la Fondation Roi Baudouin et les équipes de chercheurs universitaires.

"Chez les personnes en errance de 18-25 ans, la proportion de femmes (38,9%), de personnes touchant le revenu d’intégration sociale (51,6%) ou qui sont en situation de sans-abrisme "caché" (45,9%) est plus élevée que chez les plus de 26 ans où ces proportions sont respectivement de 29,4%, 34,5% et 30,8%", rapporte Martin Wagener, chercheur en sociologie à l’UCLouvain.  "Le sans-abrisme "caché", c’est typiquement, un jeune qui dort chez un ami le temps de trouver un chez-soi", précise-t-il. "Cela montre bien qu’il s’agit d’un public particulièrement fragilisé", ajoute-t-il.

Trois profils types

Parmi les jeunes de 18-25 ans, 37,4% expliquent leur situation de logement par des conflits avec la famille et les amis, contre 12,3% chez les 26 ans et plus, selon le rapport qui mentionne également d’autres raisons comme des problèmes de couple (15%), l’immigration (11,2%), des expulsions (10,4%) ou des troubles psychiques (10,2%). "Il s’agit d’un public très hétérogène, avec des besoins différents qui appellent des solutions adaptées", souligne Caroline Georges, coordinatrice des programmes en lien avec la justice sociale et la pauvreté à la Fondation Roi Baudouin.

Cette étude distingue tout de même trois profils types: les primo-arrivants (30,4%), les Belges sans antécédents dans différentes institutions d’aide (29,4%) et ceux qui sortent de ces institutions (24,2%). Les récits de ces jeunes illustrent bien que "c’est un parcours tumultueux et traumatisant qui mène à l’errance", comme l’explique M. Wagener qui cite: conflit familial, décrochage scolaire, difficulté sur le marché de l’emploi, problèmes d’assuétude, réseau informel limité et fragile, expérience négative dans le réseau d’aide à la jeunesse ou encore grande pauvreté.

Ce rapport met en évidence la nécessité de soutenir de manière préventive les enfants, les jeunes et les familles, de développer des solutions sur mesure combinant logement et prise en charge et donc de trouver du temps et des moyens pour offrir à chacun de ces jeunes un accompagnement intensif.

Fin octobre, la FRB compte étendre son action dans 19 nouvelles communes en Wallonie, mais aussi en Communauté germanophone et en Flandre, et ce, dans le but de fournir aux pouvoirs publics des données et des éclairages supplémentaires leur permettant de développer des politiques de lutte contre l’errance efficaces et ciblées.

 

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