Gare de Mons : pourquoi Calatrava n’aurait pas dû la construire selon la Cour des comptes

Elle n'est toujours pas fonctionnelle mais la gare de Mons fait à nouveau les gros titres. Le rapport de la Cour des comptes est tombé.

Gare de Mons : pourquoi Calatrava n’aurait pas dû la construire selon la Cour des comptes
©Eurogare

La gare de Mons prend son temps. Mais d’ici 2023, date officielle de l’inauguration, les trains devraient enfin y siffler. Mais à mesure que s’érige l’édifice, les petits secrets enfuis dans ce dossier sont déterrés.

Le Soir reprend dans ses colonnes les conclusions de la Cour des comptes après plus d’un an d’enquête sur ce projet pharaonique. La Cour des comptes devait remettre un rapport sur la gestion du projet, le délai, le budget ainsi que les attributions des marchés publics. Si ce rapport ne sera publié que ce jeudi, le quotidien a déjà pu en prendre connaissance et relève que la Cour des comptes " est critique, principalement à l’égard de la SNCB et de sa filiale Eurogare, chargée des infrastructures, et témoigne finalement d’une forme de laisser-aller dans la gestion d’un projet de cette envergure ", avant de préciser que le travail réalisé par la Cour s’est réalisé sur base de dossiers incomplets avec un manque notable de documents.

Un anonymat pas si anonyme

Pour en revenir sur le fond du dossier, c’est l’organisation du concours d’architecture qui est pointé du doigt. Avec, en 2004, une volonté emmenée par la SNCB et sa filiale Eurogare de créer une passerelle au-dessus des voies, c’est finalement le prestigieux architecte espagnol, Santiago Calatrava, qui remportera le marché. " La désignation du lauréat du concours est entachée de lacunes en termes de transparence, d’égalité et de mise en concurrence ", rapporte la Cour dans son rapport consulté par nos confrères.

La procédure aurait voulu que la désignation des projets se fasse par dossier anonyme. Alors si celui de l’Espagnol n’était pas signé de Calatrava, ce dernier avait remis dessins et maquette dès 2004 lors de l’étude de faisabilité. Son projet devenait dès lors facilement identifiable. " Le principe d’égalité entre les candidats n’a pas été assuré. Un avantage de nature à fausser les conditions normales de la concurrence aurait dû conduire à écarter la participation du bureau précité (Calatrava LLC, NDLR) ", reprend le rapport. Le projet Calatrava aurait dû être écarté dès l’instant où il avait participé à l’étude de faisabilité.

De passerelle à gare multimodale

Pire sans doute, Le Soir rappelle qu’une fois le projet Calatrava désigné, le dossier a évolué dans le temps de passerelle en gare-passerelle puis en gare multimodale. Au vu du changement de nature du projet, un deuxième concours aurait dû être organisé.

Un candidat avait d’ailleurs été écarté en 2006 alors qu’il proposait un projet de gare-passerelle. Ce dossier avait à l’époque été jugé hors de propos. Il ne l’aurait sans doute plus été en 2010.

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