Belgique : pourquoi nos villes sont-elles sales ?

Les causes de la malpropreté sont multiples. Les acteurs sectoriels en pointent trois principales.

Déchets dans une rue de Gand ©BelgaImage

Un: le manque d’éducation d’une partie de la population qui utilise mal les poubelles publiques.

Deux: le je-m’en-foutisme d’une minorité très visible qui jette tout simplement ses déchets par terre en connaissant les conséquences.

Trois: un manque de moyens financiers du côté des communes pour assurer une gestion optimale.

Le mauvais sac, le mauvais jour, les mauvais gestes

Étienne Offergeld, expert en gestion des déchets et ancien président de la Fédération des opérateurs du secteur public de gestion des déchets en Wallonie, commence par le manque d’information évident. “Pourquoi les poubelles débordent? Car trop de Belges y jettent leurs déchets ménagers, des déchets qui devraient être jetés dans des sacs domestiques ou des poubelles à puces.” Cela se produit dans deux cas. Premièrement, lorsque les restes sont trop odorants. Deuxièmement, ­certaines familles souhaitent économiser le prix des sacs-poubelle. “Là, on tourne en rond à cause du coût. Des ménages agissent de la sorte pour économiser un sac à 1 euro. On peut supposer que la crise du pouvoir d’achat ne va pas les inciter à agir différemment...” De la même manière, plusieurs responsables communaux interrogés à Bruxelles et en Wallonie nous indiquent que de trop ­nombreux ménages sortent encore les sacs le mauvais jour. Ces derniers peuvent alors être déchirés par les chats ou la météo, et les déchets s’envolent.

Les autorités misent avant tout sur l’éducation. De nombreuses communes engagent des agents de quartier dont la mission est de sensibiliser les citoyens dans les rues, les parcs ou à domicile  lorsqu’ils constatent un sac devant une maison alors que ce n’est pas le jour de la collecte. Mais si le travail de prévention est essentiel, il met du temps à induire un changement des habitudes. C’est pourquoi la commune de Schaerbeek – elle n’est pas la seule – a lancé en 2018 une cellule pédagogique en la matière. Ryan Abdesselem y est animateur pédagogique depuis le mois de janvier. Ses ateliers concernent un large public: des enfants de trois ans aux parents. Depuis la rentrée scolaire, il met les bouchées doubles. “On essaie de se rapprocher au maximum de la réalité, de la vie quotidienne afin que les participants comprennent l’importance de la propreté publique.

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Objectif ville propre ©Moustique

Objectif ville propre ©Moustique

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