Di Rupo, optimiste pour une Wallonie "résiliente", fait le bilan des crises

À l'occasion des Fêtes de Wallonie, le ministre-président wallon a fait un tableau optimiste de la situation politique, avec des bémols.

Elio Di Rupo à Namur
Elio Di Rupo le 17 septembre 2022 à Namur ©BelgaImage

Le ministre-président wallon, Elio Di Rupo, s’est montré clairement optimiste sur l’avenir de la Région, "résiliente" en dépit de certains indicateurs économiques souvent présentés comme catastrophistes, dont des finances affectées par les catastrophes naturelles, la guerre en Europe et la crise économique.

Di Rupo: "Tout cela aurait pu nous mettre à genoux. Eh bien non"

"Malgré les épreuves, la Wallonie résiste et prépare l’avenir avec confiance", a-t-il affirmé lors d’un discours prononcé au théâtre royal de Namur à l’occasion des annuelles fêtes de Wallonie devant un parterre de personnalités, dont le Premier ministre Alexander De Croo et plusieurs ambassadeurs en poste à Bruxelles qui avaient fait le déplacement dans la capitale wallonne. Aucun représentant du gouvernement flamand n’était toutefois présent, a souligné un responsable politique socialiste à l’adresse de l’agence Belga.

"Depuis le début de la présente législature, nous avons connu des moments difficiles. Les coups durs n’ont pas manqué, les raisons de s’inquiéter non plus", a reconnu M. Di Rupo (PS), en citant les inondations qui ont fait en juillet de l’an dernier près de 40 morts et sinistré 100.000 personnes. "Je n’oublie pas non plus la pandémie qui a coûté la vie à près de 11.700 personnes vivant en Wallonie", ni la guerre en Ukraine lancée en février par le président russe Vladimir Poutine, avec ses conséquences "économiques et sociales toujours très tangibles", a-t-il ajouté.

Il a chiffré à près de dix milliards d’euros depuis 2020 le coût généré pour la Wallonie et pour ses habitants par la crise sanitaire liée au Covid-19, par les inondations, par la guerre en Ukraine et "maintenant par la crise énergétique". "Tout cela aurait pu nous mettre à genoux. Eh bien non", a dit M. Di Rupo, en assurant que la Wallonie réussit "au contraire" à démontrer, dans ces circonstances tragiques, sa "formidable résilience". "Quoi qu’il advienne, la Wallonie a résisté et résistera encore à tous les chocs. Elle a ainsi prouvé sa détermination et qu’elle était tout sauf une petite région vulnérable", a poursuivi le ministre-président, en rappelant le rôle de "moteur historique de la construction européenne" joué par la Région.

Un budget contrôlable mais des entreprises flamandes critiquées

Comme ingrédients du succès futur, M. Di Rupo a mentionné des finances maîtrisées, un plan de relance ambitieux et une vision claire de ce que doit être la Wallonie. "Si nos finances sont restées maîtrisées, c’est parce que nos dépenses récurrentes sont restées sous contrôle. La trajectoire des déficits des dépenses courantes, qui doit nous amener à l’équilibre budgétaire en 2024, est respectée. Quant à la dette résultant de ces circonstances exceptionnelles, elle reste soutenable pour le budget wallon", a-t-il assuré – provoquant quelques froncements de sourcils chez certains partenaires MR et Ecolo de sa majorité parlementaire.

Selon M. Di Rupo, l’actuelle dynamique gouvernementale va ainsi permettre à la Wallonie de devenir une "Région de référence en termes de résilience et de développement durable". "Ce faisant, nous renforcerons l’économie nationale et nous contribuerons à la stabilité de notre pays", a-t-il dit en présentant la Wallonie comme "un partenaire constructif, soucieux d’œuvrer de la meilleure manière possible avec les autres entités du pays", a-t-il dit.

"Tout est en place pour donner à la Wallonie l’élan nécessaire à sa réussite future. Les moyens financiers importants que nous dégageons profitent d’ailleurs au pays tout entier", a fait valoir le ministre-président. Selon lui, des entreprises de Flandre, actives sur le sol wallon, tirent directement profit d’un tiers de la richesse produite en Wallonie, qui représente pour le nord du pays "un marché comparable à celui de la France, des Pays-Bas ou de l’Allemagne".

Marcourt: renforcer la régionalisation

Le président du parlement wallon, Jean-Claude Marcourt (PS également), a pour sa part qualifié la situation budgétaire de la Région de "difficile", parlant d’un "doux euphémisme". "Et la situation budgétaire oblige, plus que jamais, à faire des choix. Pour aider celles et ceux en proie aux pires difficultés, qu’ils soient travailleurs, étudiants, retraités, sans emploi mais aussi qu’ils soient artisans, commerçants, dirigeants de PME, ou même les grandes entreprises", a-t-il déclaré, s’exprimant avant M. Di Rupo.

M. Marcourt, un régionaliste déclaré, a aussi suggéré une régionalisation partielle de l’enseignement, qui est actuellement une compétence dé la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). "Personne ne comprendrait que l’articulation entre enseignement et formation professionnelle voire les mécanismes de remédiation ne soient pas mieux articulés. Il est essentiel de rendre les filières techniques attractives", a-t-il dit.

Le président du parlement wallon a enfin proposé de fixer une date pour fêter la Wallonie. "Je propose, au-delà de l’acte purement symbolique, qu’après l’avoir dotée d’un cadre institutionnel qu’il convient, vous l’aurez compris, de compléter et de renforcer, que nous posions un acte d’appartenance collective fort par l’adoption d’une date à laquelle, de Mouscron aux Fourons, d’Arlon à Nivelles, toutes celles et tous ceux qui vivent en Wallonie pourraient fêter celle-ci et en être fiers", a précisé M. Marcourt.

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