Ryanair quitte Zaventem cet hiver : que s’est-il passé ?

La compagnie low cost a décidé de frapper fort en insultant le gouvernement belge et en supprimant... deux avions.

un avion ryanair à l'aéroport de Zaventem
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Ryanair

La décision
La menace était régulière dans la bouche de Michael O’Leary, le boss de Ryanair, il l’a finalement mise à exécution. Les avions de la compagnie low cost quittent le tarmac de Zaventem. Au-delà de l’annonce-choc, cela signifie qu’entre fin octobre et mars 2023, les deux avions basés à Brussels Airport seront supprimés.

Un stupide gouvernement
Raisons de ce départ, selon Michael O’Leary: la taxe fédérale sur les billets d’avion, passée de 2 à 10 euros le 1er avril. “Qui a inventé cette merde?”, a-t-il lancé, avant de répondre lui-même: “un stupide gouvernement”. Il peste également sur la hausse des tarifs aéroportuaires décidée par l’aéroport de Bruxelles, qui le rendrait moins compétitif.

Quelles grèves?
Le boss de Ryanair assure que les grèves n’ont pas eu d’effet sur sa décision. “Une grève? Quelle grève?” Pourtant, il a récemment évoqué l’idée de “faire le nettoyage” de ses activités en Belgique en raison des relations tendues entre la société irlandaise et les syndicats belges.

8 %
Ryanair représente actuellement 8 % du trafic passagers de Brussels Airport. Soit 30 vols par jour, dont dix seront supprimés entre octobre et mars. O’Leary menace également de toucher, à terme, aux vols de l’aéroport de Charleroi. “Nos avions vont aller là où il y a de la croissance et où on facilite notre modèle low cost. Si on a un meilleur deal avec un autre aéroport, on bougera.”

aéroport de zaventem avec des vols ryanair

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Brussels Airport

Peu de répercussion
L’aéroport a directement tempéré la nouvelle. Concrètement, les vols Ryanair basés à l’étranger continueront à transiter par Bruxelles. “Ryanair ne stationnera plus ses deux avions chez nous et ne travaillera plus avec les équipages stationnés en Belgique. Les vols de Ryanair opérés avec un équipage étranger se poursuivront bien.”

80 employés
La décision de Ryanair aura un impact pour les 80 salariés basés à Bruxelles. Le personnel belge sera déployé vers l’aéroport de Charleroi, alors que les travailleurs étrangers (principalement le personnel de cabine) pourront garder leur poste dans leur pays. Ceux qui souhaitent rester à Bruxelles en attendant le mois de mars seront également transférés vers Charleroi.

En guerre
“Ryanair est désormais en guerre contre tout ce qui lui coûte de l’argent”, a estimé Didier Lebbe, secrétaire général de la CSC. Pour lui, le départ de Zaventem entérine en effet la “déclaration de guerre vis-à-vis des taxes dans les (grands) aéroports classiques. Ryanair a déjà pris des décisions similaires à Athènes, Berlin, Francfort ou Budapest”.

Destinations reprises?
On l’a dit, Brussels Airport reste très calme face à cette décision. Avec la suppression des deux avions Ryanair, deux destinations ne seraient plus desservies depuis Bruxelles, Pise et Amman. Mais la direction s’attend à ce que d’autres compagnies ajoutent ces villes à leur liste.

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