Crise de l’énergie: tout ce qu’il faut savoir sur le tarif social et son élargissement

Face à la flambée des prix de l’énergie, le tarif social pourrait être élargi à une portion plus large de la population. C’est en tout cas ce qui est ressorti des discussions du Conseil des ministres restreint qui s’était réuni mardi soir.

élargir le tarif social pour aider à payer les facture énergie
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Qui peut en bénéficier ?

Aujourd’hui, les ménages avec un revenu annuel brut inférieur à 20.000 euros/an peuvent bénéficier du tarif social, soit 17% de la population. Les personnes bénéficiant du revenu d’intégration, les locataires d’un logement social et les bénéficiaires de la Garantie de revenu aux personnes âgées (GRAPA) peuvent également recevoir cette aide. Au total, ce sont 2 millions de Belges qui sont concernés.

Une véritable protection

Pour une consommation de 3.500 kWh d’électricité, une personne bénéficiant de ce bouclier social payera une facture annuelle d’électricité de 862 euros, plutôt que 1.791€. Pour le gaz, la facture annuelle pour une consommation de 17.000 kWh sera de 526 €, contre 2.805 € pour quelqu’un qui n’a pas droit à cette aide.

Ce tarif social représente donc une véritable protection pour les ménages les plus précaires. Il permet en effet de réaliser de belles économies, à hauteur de 929 euros par an en électricité et de 2.279 euros pour le gaz, soit un total de 3.208 euros en moyenne. Selon les chiffres de la DH, ce montant pourrait même grimper jusqu’à 8.000 euros d’économies annuelles en raison des fortes variations des prix de l’énergie.

Comment bénéficier du tarif social ?

Dans la majorité des cas, le tarif social est accordé de manière automatique et il n’y a donc aucune démarche à entreprendre pour en bénéficier. Cependant, il existe quelques exceptions. Pour les nouveaux ayant droit, en cas de déménagement ou de changement de fournisseur, les délais pour avoir accès à ce tarif peuvent prendre jusqu’à trois mois.

Qui pourra profiter de l’élargissement ?

SI les personnes les plus précarisées sont en partie protégées contre l’envolée des prix de l’énergie, ce n’est pas le cas de la classe moyenne inférieure. Celle-ci gagne trop que pour bénéficier du tarif social, mais pas assez que pour payer ses factures de gaz et d’électricité, qui ont pris un poids considérable dans les dépenses des ménages.

C’est pourquoi le gouvernement envisage d’élargir les critères d’accès à cette aide pour que 40% de la population puisse en bénéficier. Il s’agirait d’une dépense considérable pour l’Etat puisque la Creg (Commission de régulation de l’électricité et du gaz) a estimé ce coût à un montant de 1,265 milliard d’euros.

Discussions au gouvernement

Tous les partis du gouvernement ne sont pas d’accord sur le seuil considéré comme à risque. Pour Paul Magnette (PS), toutes les personnes dont le salaire net est inférieur à 2.450 euros (soit 2/3 de la population) devraient pouvoir bénéficier de cette réduction.

Pour Ecolo, le calcul de la situation globale d’un ménage devrait être réalisé sur base de l’avertissement-extrait de rôle. Pour le MR, pas question de se baser sur les revenus pour définir les nouveaux critères d’accès au tarif social car cela exclurait les catégories au-dessus du salaire médian. " Il faut garantir un tarif préférentiel réduit pour tous les Belges jusqu’à un certain niveau de consommation ", a indiqué Georges-Louis Bouchez à la DH.

Quoi qu’il en soit, le gouvernement fédéral devra " prendre ses responsabilités " pour faire face à la crise énergique. Qui plus est, les propositions que la Commission européenne mettra sur la table des ministres de l’Energie ce vendredi ont déjà été jugées insuffisantes par Alexander De Croo.

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