La SNCB ne réduit pas (encore) son offre de transport

La SNCB a dévoilé son plan de sobriété énergétique. La limitation de son offre n'en fait pas partie mais elle met en garde pour la suite.

Sophie Dutordoir à Bruxelles
La directrice de la SNCB, Sophie Dutordoir, le 9 mai 2022 à Bruxelles ©BelgaImage

Conformément aux décisions prises lors du comité de concertation consacré à la crise énergétique la semaine dernière, la SNCB va mettre en œuvre une politique de sobriété au sein de ses bâtiments et installations afin d’économiser l’énergie. "À l’heure actuelle, aucune mesure n’est prise pour limiter l’offre de trains, mais il apparait clairement que des compensations supplémentaires du gouvernement seront nécessaires pour maintenir cette situation", prévient-elle mercredi.

Économies de 7,5% de gaz et mazout, de 3% d’électricité

Avec 3.800 trains par jour, dont plus de 90% sont alimentés par l’électricité, la SNCB est le plus grand consommateur d’électricité du pays, rappelle-t-elle, estimant ses coûts énergétiques à 223 millions d’euros en 2022 et 432 millions en 2023, contre 123 millions en 2020. Les mesures prises désormais, et qui s’ajoutent à d’autres déjà en vigueur depuis plusieurs années, visent à réduire les coûts de chauffage, en baissant le thermostat à 19°C dans les bureaux, et d’un degré dans les ateliers. Une attention particulière sera portée à la consommation en veille des appareils, et les travailleurs de deux immeubles de bureaux à proximité de la gare du Midi seront transférés afin de ne plus devoir chauffer et éclairer ces bâtiments. Le chauffage des salles d’attente en gares sera réglé sur 15°C et l’éclairage sera réduit de 10% tant sur les quais que dans ces salles d’attente. Il est également prévu de réduire l’éclairage architectural des bâtiments et celui des parkings.

Selon les estimations, ces mesures devraient permettre une baisse de l’utilisation du mazout et du gaz à la SNCB de 7,5%, et de celle de l’électricité (hors traction ferroviaire) de 3%. Des réductions qui ne suffiront pas à compenser la hausse des coûts énergétiques, relève la SNCB. Convaincu que "le train reste le mode de transport le plus écologique" et qu’il "doit jouer encore plus dans l’avenir un rôle central pour désengorger nos routes, pour améliorer la sécurité routière et soutenir l’économie", le ministre de tutelle, Georges Gilkinet, indique qu’il proposera au gouvernement d’intervenir dans l’augmentation des coûts énergétiques que subissent la SNCB et Infrabel. "Le rail mérite un soutien public à la hauteur de son utilité sociétale", conclut-il.

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