Bientôt 40% des Belges sous le seuil de pauvreté? Les économistes en désaccord

Est-ce que 2 Belges sur 5 vont tomber sous le seuil de pauvreté ? Deux économistes donnent leur version de la réponse.

Bientôt 40% des Belges sous le seuil de pauvreté? Les économistes en désaccord
Philippe Defeyt et Bruno Colmant voient les choses différemment. (@Belga Image)

La crise énergétique et économique actuelle effraie. Tout le monde s’accorde pour dire que des solutions doivent être trouvées et des mesures prises au plus vite.

C’est notamment ce que déclarait l’économiste Bruno Colmant, plutôt alarmiste, sur RTL-TVI dimanche. "C’est une crise bien plus grave que celle du Covid, comparable à 2008 quand l’économie a failli s’écrouler. 40% de la population risque de tomber sous le seuil de pauvreté", a-t-il déclaré, prédisant même "des phénomènes de désobéissance civile" et "beaucoup de faillites". Des mots forts qui ont beaucoup fait réagir.

"Absurde"

Dans La Libre, un autre économiste est revenu sur les propos de son confrère. Selon Philippe Defeyt, cette analyse est scientifiquement et méthodologiquement fausse et explique. "Le seuil de pauvreté est défini par les revenus, et non par les besoins ou le coût de la vie. Or, la crise énergétique ne va pas modifier la distribution des revenus. Donc dire qu’elle va augmenter le pourcentage de personnes sous le seuil de pauvreté, c’est absurde".

Selon lui, "une partie de la population va s’appauvrir", mais le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté ne va pas changer. "Prenez une personne avec un petit revenu, mais qui bénéficie d’un logement social et du tarif social pour l’énergie. Comparez-la avec une personne qui dispose d’un revenu un peu plus élevé, mais qui doit payer un loyer classique et régler ses factures d’énergie sans le tarif social", donne-t-il en exemple. "Malgré un revenu plus bas, la première personne aura un pouvoir d’achat plus élevé, avec des différences qui peuvent monter jusqu’à 500 euros dans les cas les plus extrêmes."

Pouvoir d’achat

Le journal L’Écho trouvait également cette donnée étrange et a demandé à Bruno Colmant de s’expliquer. Il s’est basé sur le pouvoir d’achat de la population, et non sur leurs revenus, un meilleur point d’analyse selon lui. "Lorsqu’on déduit des revenus l’augmentation des dépenses contraintes (eau, gaz, électricité et loyer), on réalise que de nombreux ménages n’ont plus de revenu disponible", précise-t-il. "Sans tomber dans les critères statistiques de la pauvreté, ils y sont confrontés par cette inflation soudaine qui dépasse leurs possibilités financières".

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