Les surprofits générés par le nucléaire: deux milliards d’euros, selon Van der Straeten

Le gouvernement fédéral a annoncé quelques chiffres pour illustrer ce que le secteur du nucléaire gagnerait en plus en termes de surprofits.

Tinne Van der Straeten à Bruxelles
La ministre de l’Énergie Tinne Van der Straeten, à Bruxelles le 30 août 2022 ©BelgaImage

La ministre de l’Énergie, Tinne Van der Straeten, a chiffré jeudi soir à deux milliards d’euros le montant des surprofits réalisés par le groupe Engie Electrabel grâce à ses réacteurs nucléaires non sujets à une prolongation de leur durée de vie.

Près de 700 millions d’euros bientôt captés?

"On a demandé à la CREG (la Commission de régulation de l’électricité et du gaz, un organe indépendant, ndlr) de calculer ces surprofits. Ils s’élèvent à deux milliards pour les centrales nucléaires non prolongées", a-t-elle affirmé lors de l’émission Jeudi en Prime sur la RTBF.  Selon Mme Van der Straeten (Groen), quelque 700 millions d’euros pourraient ainsi être récupérés sur les "bénéfices extraordinaires liés à la crise".

Son calcul est assez proche de celui réalisé par le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Vincent Van Peteghem (CD&V). Selon lui, l’écrémage des surprofits des entreprises énergétiques devrait rapporter "au moins un montant équivalent" à la contribution de répartition déjà imposée au secteur nucléaire. "Aujourd’hui, la rente nucléaire rapporte 750 millions d’euros. Si l’on se penche sur les autres secteurs, il faut au moins un montant équivalent", avait-il affirmé mercredi lors de l’émission Terzake de la VRT.

Une promesse d’"écrémer" les surprofits

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement planche sur la possibilité d’"écrémer" les surprofits engrangés par les entreprises énergétiques. Les mesures nécessaires seront prises à cet effet, a confirmé mercredi le comité de concertation.  Un groupe de travail composé d’experts de la CREG, du SPF Économie et du SPF Finances a été chargé d’examiner où se situent ces bénéfices excédentaires, s’ils peuvent être captés en Belgique et quels instruments fiscaux et juridiques peuvent être utilisés à cette fin. La ministre de l’Energie a assuré jeudi soir qu’il existait des moyens juridiques permettant au gouvernement de récupérer une partie de ces surprofits.

Sur les sept réacteurs nucléaires que compte la Belgique (quatre à Doel, près d’Anvers, et trois à Tihange), deux doivent fermer au cours des prochains mois: Doel 3 (d’une capacité d’un gigawatt) le 1er octobre prochain et Tihange 2 (d’une capacité identique) le 1er février 2023. Le gouvernement s’est accordé sur une prolongation de dix ans des deux réacteurs les plus récents, Tihange 3 et Doel 4 au-delà de 2025, date à laquelle la Belgique devait en principe sortir du nucléaire. Ces deux réacteurs devraient être opérationnels en octobre-novembre 2026 afin que la sécurité d’approvisionnement énergétique du pays soit garantie à l’entrée de l’hiver 2026-2027. Mais des voix s’élèvent au sein de la Vivaldi pour prolonger davantage de réacteurs ou pour ne pas démanteler ceux de Doel 3 et Tihange 2 de manière irréversible.

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