Témoignages: le Belge traque les promotions "50 euros d’économie par mois, c’est indispensable !"

Les Belges font face à un portefeuille troué. Alors sur la route des courses, les prix rouges attirent. S'il est possible de faire des affaires, attention aux arnaques.

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Sur la pointe des pieds, le bras étendu, elle saisit tant bien que mal un pack de déodorants emballés par deux. " Vous voyez cette étiquette rouge ? Cela signifie qu’il y a un rabais. Sans rabais, je passe. Sinon on ne peut pas s’en sortir ", confie Pulchérie, mère de famille. Tous les mois, grâce à la traque aux démarques, elle réalise une économie de 50 euros par mois. " C’est une petite somme. Mais c’est déjà cela que je peux investir autre part ", se satisfait-elle.

Dans le rayon frais, entre les courgettes et les concombres, Brigitte se penche vers le bac à carottes, saisit un paquet, analyse l’emballage avant de le reposer. " Le pouvoir d’achat diminue. Les prix s’envolent mais nos salaires, eux, n’augmentent pas proportionnellement. Si vous regardez les fruits et légumes, la farine et l’eau… tout a augmenté. Nous sommes une famille de cinq personnes alors oui, il faut faire attention aux dépenses. Pour mon panier moyen, je paye 20% de plus par rapport à il y a quelques mois ! "

" Sans les promos, ce serait dur ! "

" Regardez ici !, interpelle Gloria le doigt pointé vers un rayon de corn flakes vide. C’est 33% de réduction à l’achat de trois pièces. À la place de payer 18 euros, j’en payerai 12. " Les bras occupés de trois boîtes arrachées sur le rayon à côté, Gloria se réjouit de cette affaire. " Sans ces actions, ce serait vraiment dur pour moi. J’ai des enfants, cela permet de leur offrir des choses qu’ils aiment. "

Une inflation frôlant les 10%, des réductions à gogo… " Il ne faut pas être naïf. Les réductions sont faites, mais les prix de base sont parfois identiques à ceux pratiqués avant la promo. Je garde tous les tickets de caisse pour comparer. C’est le constat que je tire. Alors parfois on a l’impression de se faire avoir. La réduction est faite sur un prix de base plus élevé. Mais c’est déjà ça de pris ", philosophe Pulchérie.

Moins 25 % à l’achat de 3 pizzas. Un pot de savon acheté… C’est un pot de savon offert. Du vin… Embarquez-en trois bouteilles et profitez de moins 15 %. Achetez-en six pour réduire la note de 20%. " On va stocker sur les biscuits. C’est la rentrée et il va en falloir pour les quatre heures. Autant payer un peu plus aujourd’hui mais en avoir plus longtemps. Puis ça fait plaisir aux enfants… ", observe Wadiei zigzaguant de rayon en rayon derrière un caddie bourré de Léo 12+12.

80% des Belges ont changé leurs habitudes

Aujourd’hui, près de 80% des Belges ont déjà modifié leurs habitudes de consommation pour faire face à la croissance des prix. Mais dans les étals, si la grande bagarre des prix rouges est lancée, ils évitent consciencieusement les biens de première nécessités. " Nous essayons de nous positionner également sur ces biens. Mais pour beaucoup de ces produits, il existe déjà une option pour laquelle le prix est particulièrement bas. Plus bas que cela, ce n’est pas possible. C’est la raison pour laquelle les promotions sont moins présentes sur ce secteur ", confie Jean-Christophe Burlet, directeur des ventes chez Colruyt.

Pour les prix les plus bas, il faut baisser le regard. Dans le fond des rayons, les produits blancs et des étiquettes aux prix cassés. Mais les démarques et les packagings ne souffrant d’aucune carence d’inventivité poussent les consommateurs vers ces produits de marque, quitte à les faire payer plus. " Les marques nationales sont toujours plus actives en termes de promotions, et on le remarque : plus les promotions sont importantes, plus les ventes sont bonnes ", constate le directeur des ventes. Mais les consommateurs sont de plus en plus nombreux à prêter attention à l’impact de ces flashs promotionnels sur leur budget. Un client sur deux privilégie déjà les marques distributeurs aux marques plus onéreuses.

Pour éviter de se faire piéger par le marketing aiguisé de la grande distribution, il reste à conserver quelques réflexes : " Le meilleur des conseils est de comparer les prix au litre ou au kilo. Cela permet de véritablement prendre conscience du prix réel. Aujourd’hui, certains jouent sur le packaging en le grossissant pour laisser penser qu’il y a plus de produit. D’autres diminuent les quantités sans réduire les prix ", analyse Julie Frère, porte-parole de Test Achats. Mais pas de quoi diaboliser les promotions. " Si l’on s’y prend bien, il y a toujours moyen de réaliser de belles affaires. Les 1 +1, par exemple, se révèlent souvent intéressants. Mais je ne peux conseiller autre chose que de comparer les produits, leur prix et leur quantité. "

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