Georges-Louis Bouchez crée le bad buzz sur Twitter: le MR toujours plus à droite ?

Nouvelle polémique autour du président du MR après la mise en ligne d'une capsule vidéo sur Twitter dans laquelle il répond à une citoyenne. Où il est question de saleté et de Congo... Une communication politique du MR sur le modèle de Trump et Zemmour?

Georges Louis Bouchez MR
© Belgaimage

C’est une petite capsule vidéo de deux minutes réalisée par la chaîne du parti DreaMR. Le concept est simple : le président du MR va à la rencontre du peuple. Concrètement, à la sortie d’un métro bruxellois, une question est posée à un.e passant.e anonyme qui déballe tout ce qu’il ou elle a à dire. Et là, tout à coup, GLB arrive, tel un super-héros, costume bleu nuit impeccable, mèche dans le vent, qui déroule le programme du MR pour Bruxelles. Il est question de propreté, de plein emploi, surtout.

Pourtant, le passage qui crée la polémique vient avant, au début de la vidéo, quand une dame parle de la saleté à Bruxelles : " Pour un étranger qui vient de n’importe quel pays et qui vient en capitale de Bruxelles, moi je dis qu’on dirait qu’on est au Congo. Mais si on va un peu à l’extérieur, en Flandre, la loi, c’est la loi ".

" Le bleu vire au brun "

Les réactions n’ont pas tardé. Sur les réseaux sociaux, tout d’abord : " Le bleu vire au brun ", " Ca flaire bon le racisme ", " On n’est pas loin du fascisme ". Du côté des politiques, ensuite. François De Smet, président de DéFI, parle de " Bruxelles bashing ", Ahmed Laaouej (PS), pointe du doigt la responsabilité du MR " de diffuser des propos dénigrants et méprisants à l’égard d’un pays et de son peuple, le Congo en l’occurrence ". Du côté d’Ecolo, Kalvin Soiresse Njall, explique que " associer un pays entier, des populations à de la saleté fait partie des pires représentations racistes et xénophobes de l’histoire. On peut décliner des solutions politiques sans mettre en lumière de tels propos racistes ".

Bouchez s’offusque !

A ces remarques, c’est au tour du président Bouchez de s’offusquer face à " une certaine gauche bien pensante " ! Et avec une certaine maestra encore bien ! Car, de quoi parle-t-on ? " On tente de me faire porter la responsabilité d’un propos que je n’ai pas tenu, et auquel on donne une connotation qu’il n’a pas, afin de salir mon parti et ma personne ".

Il annonce ensuite l’échec du " vivre-ensemble " à Bruxelles, celui voulu par la gauche, avant de proposer un " véritable vivre-ensemble, celui prôné par le MR (qui) vise à permettre à chacune et à chacun, quelle que soit son origine, sa nationalité, sa religion, à pouvoir prendre sa vie en main ". Bref, le coup médiatique est réussi. Et la campagne électorale de 2024 déjà lancée.

Une communication qui pose question

Après tout, ça fait partie du jeu politique. Mais ce qui est réellement critiqué ici – et qui pose question -, c’est la communication du MR. Ce côté populiste à tout va, ces micro-trottoirs qui ne peuvent que mener à ce genre de dérapages, et donc de polémiques (recherchées?). Ainsi, la question qui se pose est : au lieu de les mettre en évidence, pourquoi le MR n’a-t-il pas simplement coupé ces propos (qui n’apportent rien au message de Bouchez) au montage ?

François De Smet de DéFI dénonce cette " fausse distanciation qui rendrait acceptables des propos racistes parce que tenus par une citoyenne… ". Ahmed Laaouej, Bourgmestre de Koekelberg (PS) va dans le même sens : " On ne peut pas imaginer que le service communication du MR n’ait pas eu la présence d’esprit de relever le caractère dénigrant et xénophobe de tels propos. C’est une chose qu’une citoyenne les tienne, mais c’en est une autre que le MR décide de les véhiculer. Cela revient à banaliser le racisme ". Et d’ajouter : " Il faut que le MR se ressaisisse. S’il veut suivre les traces de Zemmour, en France, il doit le dire clairement ".

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