Faire appel aux sans-papiers pour des métiers en pénurie? la proposition ne passe pas

Le co-président d'Ecolo Jean-Marc Nollet veut autoriser les sans-papiers à exercer des métiers en pénurie. Ses partenaires de majorité sont réticents.

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D’un côté, quelque 200.000 emplois qui restent vacants, notamment dans l’horeca et la construction. De l’autre, entre 70.000 et 150.000 sans-papiers- un nombre forcément approximatif, vu l’impossibilité d’un recensement. Dans les colonnes de l’Avenir, le co-président d’Ecolo, Jean-Marc Nollet, a relancé l’idée de lier les deux problématiques, alors que la Vivaldi s’est fixée comme objectif d’atteindre un taux d’emploi de 80% à l’horizon 2030.

"Je propose que les sans-papiers qui vivent en Belgique puissent obtenir ce qui est déjà prévu pour les réfugiés ukrainiens", a expliqué Jean-Marc Nollet. "Je voudrais qu’ils puissent déposer leur candidature, obtenir certains de ces emplois vacants et, à terme, aussi être régularisés, puisqu’ils sont souvent en Belgique depuis de nombreuses années. Il faut savoir que si l’on n’utilise pas ce genre de solutions, on aura une difficulté pour financer nos pensions à terme".

Pour l’écologiste, la proposition ne pose pas de problème de faisabilité, puisque l’accord de gouvernement prévoit d’"adapter" la réglementation concernant les permis de séjour "unique" afin de répondre aux nouveaux besoins du marché du travail. Légalement, les personnes sans papiers présentes sur le territoire belge n’ont aucun moyen d’accéder au marché de l’emploi. Actuellement, un permis de séjour unique doit être introduit par l’employeur.

Blocage des libéraux

Sous l’impulsion de l’ancien secrétaire d’Etat à la migration, Sammy Mahdi, le gouvernement a assoupli les conditions d’accès au marché du travail pour les étrangers hors UE. Mais comme a expliqué celle qui lui a succédé, Nicole de Moor, il n’est pas question de faire la même chose pour les sans-papiers. "Les personnes qui ont besoin de protection parce qu’elles fuient la guerre ou les persécutions politiques pourront toujours compter sur notre protection. Mais nous ne devons pas envoyer le message que ceux qui n’ont pas besoin de protection peuvent aussi rester", a jugé la secrétaire d’État.

Si ce n’est le PS, qui s’y est montré favorable, les partenaires gouvernementaux d’Ecolo ont exprimé leurs réticences. "Mauvaise idée", a réagi Egbert Lachaert (Open Vld), qui selon lui, reviendrait à "récompenser la migration" et alimenter le business des trafiquants d’êtres humains qui "pourraient alors attirer des gens ici avec la perspective qu’un séjour illégal sera récompensé à long terme". Georges-Louis Bouchez, pour le MR, a lui estimé qu’il y avait d’autres publics à cibler en priorité pour pourvoir les métiers en pénurie.

Le patronat flamand a également balayé la proposition. "Notre position est claire, a expliqué à La Libre Martine Taeymans, directrice de la communication du Voka. Les sans-papiers qui résident illégalement dans notre pays ne peuvent être mis au travail. La comparaison avec les Ukrainiens ne tient pas : ils viennent ici et sont ici légalement". Peu de chances donc que la proposition écologiste soit adoptée à la rentrée par la Vivaldi.

 

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