Petit-Château: les demandeurs d’asile amenés à dormir dans la rue sous la canicule

Les organisations humanitaires dénoncent à nouveau la crise de l'accueil au centre Fedasil de Petit-Château, alors que la chaleur complique la donne.

Demandeurs d'asile à Petit-Château
Personnes en attente de faire leurs demandes d’asile à Petit-Château, à Bruxelles le 17 juin 2022 @BelgaImage

Les organisations humanitaires Médecins du Monde, Samusocial, Médecins sans frontières, Ciré, Vluchtelingenwerk Vlaanderen et la Plateforme civique craignent une situation intenable au Petit-Château à l’approche du week-end prolongé du 21 juillet. Ces dernières semaines, jusqu’à une centaine de demandeurs d’asile ont de nouveau dormi dans la rue, dont des enfants, des mineurs non accompagnés et des familles. Les solutions proposées par la secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration Nicole de Moor (CD&V) sont qualifiées par les organisations dans un communiqué de "pansements mous sur une plaie béante".

Dormir dans la rue "dans des conditions extrêmement précaires"

"La secrétaire d‘Etat à l’Asile et à la Migration Nicole de Moor prévoit la mise à disposition de 750 places dans des tentes, mais seulement en août et leur déploiement se fera progressivement". Insuffisant, juge Sotieta Ngo, directrice du CIRE qui estime que 1.500 places sont nécessaires pour répondre à cette urgence. L’hébergement en tente reste une solution inadaptée sur le long terme, en témoigne la situation sur l’île grecque de Lesbos, estiment les organisations humanitaires.

Les organisations appellent également Mme de Moor à éviter une politique à deux vitesses. "Alors que les réfugiés ukrainiens sont – à juste titre – aidés relativement rapidement et efficacement, les personnes d‘autres nationalités sont envoyées à la rue, ou au mieux, dans des tentes", dénoncent-elles. À l’approche du long week-end du 21 juillet, ces organisations s’inquiètent de voir apparaître une situation intenable dès la semaine du 25 juillet. "Les scènes observées aujourd’hui devant le Petit Château, rappellent celles observées l’hiver dernier: des personnes dormant à la belle étoile plusieurs jours d‘affilée dans des conditions extrêmement précaires, la pluie et froid ayant laissé la place à la canicule", avertissent les organisations.

Besoin "de toute urgence" d’un "accueil de crise"

"Nous assistons à une augmentation spectaculaire du nombre de personnes qui dorment devant le Petit Château, passant d‘une vingtaine fin mars à plus de 100 ces derniers jours. Parmi eux, des femmes et des enfants", s’inquiète Gratien Ruffo du Samusocial. "Des demandeurs dasile doivent parfois attendre plus de deux semaines à compter de la décision de justice avant de recevoir une place d‘accueil", déplore pour sa part Tine Claus, directrice de Vluchtelingenwerk Vlaanderen. "Certaines de ces personnes ont besoin de soins médicaux et/ou psychologiques pour lesquels passer la nuit dehors est inenvisageable", ajoute Marc Genet, directeur général de Médecins du Monde.

Les organisations appellent le gouvernement belge à "se concentrer de toute urgence sur la mise à disposition d‘un accueil de crise, afin d‘éviter à des personnes de dormir en rue et de venir grossir les rangs des personnes sans abri". Et "une fois ce problème résolu, il convient de mettre en place une politique de l’accueil adéquate et efficace, qui soit structurelle, égalitaire et respectueuse des droits de l’humain", communiquent-elles.

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