Météo: que signifie concrètement le code rouge de l’IRM?

Une partie de la Belgique est ce 19 juillet 2022 en code rouge chaleur. Une alerte donnée selon des critères préétablis, à l'instar d'autres phénomènes météo.

Code rouge sur une plage
Illustration d’un code rouge sur une plage @BelgaImage

Ce mardi 19 juillet 2022, l’Institut royal météorologique (IRM) a annoncé le passage d’une partie de la Belgique en code rouge. Il s’agit de l’alerte maximale pour la météo dans notre pays. Un niveau rarement atteint mais que les experts ont jugé nécessaire. Les températures pourraient aujourd’hui frôler les 40°C par endroits, de quoi rivaliser avec le record national historique, établi le 25 juillet 2019 à 41,8°C à Begijnendijk, dans le Brabant flamand. Pour savoir ce que code rouge implique concrètement, l’IRM a expliqué en détail comment elle établissait ses alertes.

Un niveau de risque crucial et des phénomènes plus ou moins locaux

Il existe en Belgique quatre codes de couleurs pour la météo. Avec le code vert, il n’y a "rien de particulier" et aucun avertissement. Le code jaune appelle à "être vigilant". Il est émis au maxumum 48 avant le phénomène météorologique (ou moins en fonction de l’incertitude). Arrive ensuite le code orange qui demande à ce que les habitants "soient prêts et suivent les conseils" des autorités compétentes. Enfin, le code rouge édicte de "prendre des mesures et de suivre scrupuleusement les conseils" pour assurer la sécurité de chacun et protéger ses biens personnels.

Pour ces trois derniers niveaux, l’IRM a établi une série de critères dont le risque de survenue doit être supérieur à 65% sur au moins un quart d’une province pour édicter l’alerte en question. C’est ce qui s’est passé aujourd’hui. Avec la chaleur actuelle, le risque d’atteindre les 40°C est supérieur à 65% dans deux provinces. Dans le Hainaut, toute la région est sous code rouge car au moins la moitié de la province est concernée. En Flandre occidentale, le phénomène est décrit comme étant "local" car seule une portion allant d’un quart à la moitié de la province est susceptible d’atteindre de telles températures. La côte belge, qui se situe en Flandre occidentale, n’est ainsi pas concernée grâce à la proximité de la mer qui rafraîchit l’atmosphère. Il existe également une alerte "très locale" lorsque moins d’un quart d’une province est visé par tel ou tel phénomène météorologique. Mais dans le cas présent, le code rouge "très local" n’a pas été choisi pour d’autres régions du pays.

Une série de critères

Pour ce qui est de la chaleur de ce mardi, l’IRM s’est conformé à sa balise établie pour une chaleur d’au moins un jour pour appliquer le code rouge, c’est-à-dire le franchissement de la barre des 40°C de température maximum. Lorsque la vague de haleur dure plus de trois jours consécutifs, cette limite est abaissée à 35°C. C’est ce qui s’est passé la toute première fois que le code rouge chaleur a été appliqué, c’est-à-dire en juillet 2019. Il s’agissait alors d’une réelle canicule de longue durée et l’alerte a été donnée durant plusieurs jours. À noter qu’il existe également un code rouge froid, Il entre en vigueur dès que la température maximale est égale ou inférieur à -10°C pendant un jour, ou lorsqu’elle est égale ou inférieure à -5°C pendant trois jours consécutifs.

Pour ce qui est des autres phénomènes météorologiques, l’IRM a là aussi établi des critères. Pour le code rouge vent par exemple, il faut que l’IRM prévoie un risque de plus de 65% d’assister à des rafales supérieures à 130 km/h sur une zone étendue (ou supérieures à 120 km/h dans une zone avec des arbres feuillus).

Pour la pluie, le code rouge est a priori déclenché quand d’abondantes précipitations sont encore prévues alors que des dégâts ont déjà été constatés. En termes plus numériques, cela donne plus de 50 l/m² de précipitations en une heure, plus de 60 l/m² en six heures, ou plus de 100 l/m² en 24 heures. Avec les orages, les critères sont encore plus nombreux. En plus de récupérer ceux qui prévalent pour la pluie, l’IRM ajoute ici le risque de rafales violentes sur une zone étendue, ou le risque de grêlons d’une taille supérieure à 5 cm.

Reste le code rouge pour deux phénomènes météorologiques. Il y a d’une part la marée de tempête sur la côte, basé sur un point de référence typiquement belge, le Deuxième nivellement général (DNG). Son point zéro correspond au niveau moyen de la marée basse dans le port d’Ostende. Quand ce DNG dépasse 6,5 mètres à Ostende, ou 7,5 mètres à Anvers, le risque d’inondations côtières est réel et donc le code rouge est appliqué.

Enfin, pour les conditions glissantes, il existe aussi un code rouge, En l’occurrence, cela indique des conditions qualifiées de "très glissantes" avec des nouvelles chutes de neige fraîche, ou des pluies intenses et pratiquement généralisées. Dans le cas des chutes de neige, les quantités établies sont de plus de 5 cm en une heure, plus de 10 cm en six heures, et de plus de 25 cm en 24 heures.

Des repères plus qu’autre chose

L’IRM précise néanmoins qu’il peut s’écarter de ces critères qui sont susceptibles d’être adaptés en fonction des circonstances. Il s’agit donc plus de repères. "Dans ce cas, il le justifiera dans le texte accompagnant l’avertissement", précise l’institut. Pour les orages par exemple, il est parfois difficile de prévoir la brutalité du phénomène. Concernant la neige, il est également très compliqué de savoir à l’avance si une accumulation plus importante que prévue peut tomber ou pas sur une zone locale.

Les experts météorologiques belges notent également que "l’IRM prévoit le temps et non la nature de ces problèmes ou dégâts" qui peuvent être déterminés par des facteurs dont l’institut n’a pas connaissance (comme la vulnérabilité de tel ou tel bâtiment, l’état de telle ou telle route, etc.). "L’impact des phénomènes peut aussi souvent être ressenti différemment par certains groupes de personnes (festivals, événements en plein air…), différents secteurs d’activités ou firmes", conclut l’IRM.

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