Réforme des pensions: Le " kern " achève sa réunion sans accord, le clivage gauche-droite ravivé

Les discussions en comité ministériel restreint ("kern") sur la réforme des pensions se sont achevées dimanche peu avant 23h sans accord. Elles devraient reprendre durant la semaine.

 

Le Kern
Le Kern en conférence de presse après une réunion du cabinet, le 17 juin © Belga Image

" Une bonne dynamique ", a souligné une source gouvernementale à l’issue des travaux. Un jugement qui contraste toutefois avec les échos perçus durant la soirée et qui témoignaient de positions très éloignées entre l’aile gauche du gouvernement et l’aile droite, selon plusieurs sources.

Une note de compromis déposés par le Premier ministre, Alexander De Croo, a particulièrement crispé les socialistes. Quatre sujets sont examinés depuis quelques semaines: la réintroduction d’un bonus pension, la réduction des écarts entre les hommes et les femmes, la pension à temps partiel et l’accès à la pension minimum.

Si le premier point semble en bonne voie, les difficultés demeurent sur les autres. Les principaux ministres de l’équipe De Croo (Open Vld) ont tenu leur dernière réunion sur le sujet jeudi. Des réunions bilatérales ont eu lieu entretemps entre le chef du gouvernement fédéral et les vice-Premiers ministres.

Une première note qui ne convainc pas 

M. De Croo a soumis dimanche aux partenaires gouvernementaux une nouvelle note de compromis qui n’a pas fait consensus. " Il y a des blocages de tous côtés ", assurait-on vers 19h. Le clivage gauche-droite de la Vivaldi semble être ravivé.

Aux yeux de certains participants, c’est même l’orange bleue (les libéraux et le CD&V qui ont formé une coalition avec la N-VA avant le départ de celle-ci fin 2018) qui refait surface.  La note du Premier ministre est considérée comme très " teintée de bleu " et ne reflétant pas les considérations des différents partis de la coalition Vivaldi, en particulier des socialistes, voire s’écartant de l’accord de gouvernement.

Certaines réformes sont ainsi proposées avec une période transitoire jugée beaucoup trop courte par certains. Il en va ainsi de l’accès à la pension minimum où, du côté socialiste, l’on redoute l’exclusion de dizaines de milliers bénéficiaires qui n’auront pas l’occasion d’adapter leur comportement.

La revalorisation du temps partiel dans le calcul de la pension minimum -une mesure qui concerne de nombreuses femmes- est également considérée comme trop restrictive. Quant à la pension à temps partiel, elle serait réservée aux indépendants. En outre, certains régimes particuliers comme ceux du personnel roulant de la SNCB et de la Défense seraient remis en cause, etc., entendait-on dimanche soir.

Une exaspération montante du côté socialiste 

Dans le camp socialiste, en début de soirée, l’exaspération commençait à poindre. La méthode du Premier ministre était pointée du doigt. Et de lourdes interrogations affleuraient: le libéral flamand ne comprend pas les attentes socialistes et les écologistes ou alors il n’a pas réellement de méthode de travail.

Sur le fond, le message était le suivant: les socialistes n’accepteront pas de recul des droits des travailleurs et des pensionnés, et à cet égard, les dernières propositions sont et restent " inacceptables ", dussent-elles revenir sur la table des discussions de manière répétée.

La pension minimum à 1.500 euros est l’un des points phares de l’accord de gouvernement, elle a été coulée dans des textes et atteindra 1.700 euros en 2024, rappelait-on encore. En d’autres termes, le PS peut vivre sans nouvelle réforme des pensions. Si un accord qui améliore les droits des travailleurs et des retraités n’est pas possible avec les libéraux, " tant pis ", ajoutait-on.

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