Les prix de l’immobilier baissent enfin: voici jusqu’à quand durera cette tendance

Après une année 2021 exceptionnelle, le marché immobilier se tasse. La demande est en baisse, tout comme les prix. Mais cela pourrait ne pas durer.

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Le baromètre immobilier des notaires vient de dévoiler les tendances de ce marché pour le premier semestre de cette année 2022. Le constat est clair : "L’activité immobilière a diminué dans toutes les régions du pays par rapport à la même période en 2021." Cette tendance s’est même accentuée sur les trois derniers mois.

Cela correspond au déclenchement de la guerre en Ukraine, de la crise du prix de l’énergie et de l’inflation supérieure à 8%. "Ce que l’on remarque est que ce sont les investisseurs qui sont davantage inquiets. Ils se demandent s’il est encore intéressant d’acheter un bien alors que les prix restent particulièrement élevés et que les taux remontent. Les primo-acquérants continuent quant à eux de se positionner pour acheter une habitation. Cela se constate notamment au niveau de l’âge moyen des acheteurs qui est en baisse", analyse Renaud Grégoire, notaire en province de Liège et porte-parole en charge du baromètre.

Les prix à la baisse…

Si le nombre de transaction a baissé de 1,8% par rapport à l’année dernière, cela doit s’analyser en regard de l’activité exceptionnelle connue en 2021. " Il y a un an, la pression était énorme. Il fallait se positionner dans l’heure pour avoir la possibilité d’acquérir un bien. Aujourd’hui, il est à nouveau possible de demander l’ensemble des informations et de se laisser un temps de réflexion. Nous revenons à une sorte de normalité", souligne le notaire. Et si sur les six premiers mois de l’année le prix moyen a augmenté de plus de 6%, la tendance s’inverse. Au second semestre, le prix moyen (312.719 euros) était moins élevé qu’au premier (316.001 euro).

"Si la demande est moindre, les prix vont devoir s’ajuster. C’est inévitable. Mais ce n’est pas les prémices d’un crash du marché immobilier. Cette tendance à la baisse durera jusqu’au printemps prochain au moins.  Alors pour les vendeurs, sans doute est-il préférable de ne pas trop attendre afin d’éviter une perte de valeur sur leur bien. Pour les acheteurs, s’il s’agit d’un premier bien, il est dangereux de spéculer sur ce que l’avenir réserve. Miser sur une baisse des prix serait risqué car l’inflation ou l’augmentation des taux pourraient venir jouer les trouble-fête. Mieux vaut acheter aujourd’hui, quitte à revoir ses ambitions à la baisse ou à investir dans un bien qui ne demandera pas trop de travaux au vu de la conjoncture des matières premières. Les investisseurs eux, par contre, peuvent patienter et attendre quelques mois pour voir où en sera le marché", propose Renaud Grégoire.

 … avant un retour à la hausse ? 

Pour ce qui serait d’un crash des prix, ce ne sera pas pour demain. Pour ce faire, il faudrait qu’arrive simultanément sur le marché un conséquent nombre de biens à vendre. Or, en Belgique, la grande majorité des propriétaires sont des privés qui ont investi pour y établir domicile. " Ce serait donc très étonnant de voir cette situation survenir. Car que le marché soit à la baisse ou à la hausse, cela n’a aucune incidence sur ces propriétaires."

Mais les prix pourraient repartir à la hausse dans les prochains mois. Les promoteurs immobiliers retardent leurs investissements. Le prix des matières premières à la hausse n’y est pas étranger. Moins de nouveaux biens, c’est une augmentation des prix sur le segment du nouveau et un rebond attendu sur le seconde main.

Les banques quant à elles ont resserré les conditions d’accès aux crédits hypothécaires. Mais "elles jouent toujours leur rôle. Certaines continuent de prêter 90, 95 voire 100% du montant à emprunter. Il reste donc de nombreuses opportunités", conclut le notaire.

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