Rien ne va plus entre De Croo et son parti l’Open VLD

L'Open VLD a lancé un ultimatum à Alexander De Croo: "Le Premier a encore jusqu’à octobre pour rectifier le tir. Sinon, nous devrons commencer à tracer notre propre route". Pourquoi un tel drama?

Rien ne va plus entre De Croo et son parti l’Open VLD
Lachaert et De Croo, un siège pour deux – BELGA PHOTO HATIM KAGHAT

A force de vouloir faire copain-copine avec tout le monde, on en oublie sa propre famille! Tel est le nouveau dilemme auquel fait face le Premier ministre Alexander De Croo alors qu’il est toujours à la recherche d’un compromis sur la réforme sur les pensions: l’Open VLD, son propre parti politique, ne se retrouve pas dans ses choix. Et il commence à le faire savoir.

Trop à gauche De Croo? Pour la droite flamande, certainement. Dans un article de fond, Het Nieuwsblad décrypte à quel point De Croo de Eerste irrite les ténors libéraux flamands : " Le Premier a encore jusqu’à octobre pour rectifier le tir, dit une source libérale au journal. Sinon, nous devrons commencer à tracer notre propre route ".

Des accords, des accords, mais rien pour la droite!

Quel est le problème? Parmi tous les accords conclus par le Premier, aucun ne satisfait le VLD. " La débâcle de la réforme du marché du travail et sur la Défense était carrément ridicule ", peste encore une source libérale. " Ces dossiers ont traîné pendant des mois, sans qu’il y ait de grand trophée pour nous à clé ".

Or, la réforme des pensions qui a été discutée par la Vivaldi vendredi lors d’un barbecue chez Alexandre 1er ne risque pas de rassurer la droite. Pour l’instant, seuls les socialistes ont obtenu quelque chose, à savoir une pension de 1.500 euros minimum. A droite, rien! Et autant le dire tout de suite, rien ne rapproche les deux pôles sur cette question des pensions!

De Croo aurait-il tourné casaque? Serait-il passé du bleu au rouge? Certains parmi  ses proches le pensent. ll semblerait aussi que les relations entre De Croo et le président du VLD Egbert Lachaert ne soient pas au bon fixe. Et puis, il n’est jamais là! " Tout ce qui compte pour lui, c’est conclure des accords ", peste un Open VLD au Nieuwsblad. " Et peu importe à quel point ces deals sont horribles. C’est le sort de tous ceux qui finissent au 16″. Certes… Pas facile d’être Premier ministre dans ce pays.

Des sondages inquiétants

Sont-ce là toutes les raisons de ce désamour? Il y a probablement autre chose. C’est que les derniers sondages ne sont pas bons. Pas bons du tout. En Flandre, la cote du Premier est en pleine chute. Et le parti suit cette courbe. Il pointe aujourd’hui à 9,3% en… 5e position. Devant, la N-VA (près de 25%), le Vlaams Belang (22,6%) et même Vooruit (14,8%) semblent inatteignables. Le VLD semble, à l’instar du CD&V (10,2%), un vieux parti essoufflé, en perte de vitesse constante, incapable de retrouver une dynamique.

L’arrivée de De Croo comme Premier ministre était déjà, en soi, une erreur arithmétique – le parti n’avait obtenu que 12% en Flandre, en quatrième position et le De Croo n’avait obtenu le poste qu’au prix de looooongues discussions, de la mise au ban de la N-VA et du score de la famille libérale au niveau national. Bref, pas de quoi se prendre pour le roi. Le parti entend le lui rappeler. Et s’il n’entend rien en octobre, on changera de stratégie, direction à droite toute, façon Bouchez.

Sur le même sujet
Plus d'actualité