Le MR veut durcir les conditions d’accès au logement social et imiter la Flandre

La Flandre va imposer un plafond d’épargne pour les candidats au logement social. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, voudrait faire de même au sud du pays.

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Le point figurait dans l’accord de gouvernement flamand. Selon Het Laatste Nieuws, l’exécutif N-VA, CD&V et Open Vld s’est accordé sur un règlement privant de droit les candidats locataires disposant d’une certaine épargne. À partir de 2024, une personne isolée sans enfant ne pourra pas disposer d’une épargne supérieure à 25 850 euros, au moment de son inscription sur les listes d’attente d’un logement public. Et ce, même si elle n’a par ailleurs que de très faibles revenus…

Il faudra donc montrer patte blanche, en présentant aux sociétés de logement social des extraits de compte prouvant que son patrimoine ne dépasse pas les plafonds fixés. Le candidat locataire jouissant d’une épargne supérieur "pourra aller sur le marché locatif privé, ce qui permettra d’octroyer le logement à quelqu’un qui en a plus besoin", s’est réjoui le ministre flamand du Logement, Matthias Diependaele (N-VA).

"La décision prise en Flandre est tout à fait légitime, réagissait dans la DH le président du MR, Georges-Louis Bouchez, qui voudrait importer la mesure au sud du pays. Il est en effet logique qu’il y ait un contrôle du revenu et du patrimoine des locataires sociaux. Je pense qu’on devrait fortement s’inspirer de la décision flamande. Au MR, nous sommes même très intéressés à défendre une idée de ce type".

Pour l’instant pas à l’agenda

De ce côté-ci de la frontière linguistique, aucune limite d’épargne n’est pour l’instant fixée. Pour postuler à un logement social en Wallonie et à Bruxelles, il faut remplir deux grandes conditions : ne pas être propriétaire, et ne pas dépasser un plafond de revenus (24.066,39 euros de revenus nets imposables annuels, pour une personne vivant seule à Bruxelles, et 45 100 € brut  annuels en Wallonie, selon le chiffre avancé par la DH).

Pour le chef des libéraux francophones, les candidats locataires devraient d’abord utiliser leur épargne avant de solliciter l’aide des services publics. "Avant que l’État vous vienne en aide, il faut utiliser votre épargne, jugeait Georges-Louis Bouchez. Si vous en avez, il est anormal que l’on vous file un logement social pour que vous puissiez la préserver alors que celui qui bosse et qui n’a pas la chance de bénéficier d’un logement social, doit puiser dans son épargne quand il a un revers de fortune. L’aide sociale, c’est bien ce que ça veut dire. Elle est là pour vous aider quand vous n’avez plus d’autres possibilités".

Pénaliser la majorité pour quelques cas?

Si le projet venait à se concrétiser (il ne figure pour l’instant pas à l’agenda des parlements bruxellois et wallons), le président du MR souhaiterait aller un cran plus loin qu’en Flandre: exiger de ceux qui dépasseraient les plafonds d’épargne de quitter leur logement, pour "libérer des espaces pour ceux qui en ont réellement besoin".

Mais si l’on en croit les réactions au sein du gouvernement wallon, la mesure ne devrait pas être adoptée au sud du pays, au moins sous cette législature. Dans la DH, Olivier Rubay, porte-parole du ministre wallon du Logement Christophe Collignon (PS), s’interrogeait : "Y a-t-il vraiment beaucoup de candidats locataires aux logements sociaux qui aient une épargne de 25 000 €, tant en Wallonie qu’en Belgique ? Je n’en suis pas certain. Bien sûr, comme partout, il peut y avoir des excès mais nous ne pouvons pénaliser la majorité pour quelques cas".

En plus d’être inutile, la mesure pourrait également s’avérer inefficace : un candidat aujourd’hui recalé d’un logement social pourrait devoir demain puiser dans sa petite épargne pour paye les loyers demandés dans le privé. Et après-demain, retoquer à la porte du logement social, une fois son bas de laine réduit à rien…

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