Georges Dallemagne sur l’abattage rituel: "Le problème du communautarisme traverse tous les partis"

Georges Dallemagne, député à la Chambre des représentants pour Les Engagés, revient sur l'abattage rituel, autorisé à Bruxelles après un vote qui a divisé au sein même des partis.

Dallemagne
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Au micro de DH Radio, notre invité évoquera tout d’abord le rapatriement de femmes et enfants partis rejoindre l’Etat Islamique, un sujet qui a beaucoup fait parlé. En début de semaine 16 enfants et 6 mères ont été rapatriés en Belgique d’un camp syrien. Si la classe politique est divisée suite à cette décision, notre invité se montre favorable à ce rapatriement. " Il s’agit de la moins mauvaise des solutions. Les enfants n’ont rien à faire dans ces camps. J’ai été plusieurs fois dans le nord de la Syrie, pour soutenir les Kurdes qui se sont battus contre l’Etat islamique. J’ai visité ces camps et j’ai vu ces femmes et ces enfants. C’est un environnement extrêmement violent et dangereux. J’ai été beaucoup en contact avec une fille de six ans. Ce sont des enfants qui sont très touchants, très meurtris. Certaines de leurs mères sont des djihadistes, des terroristes mais il faut nuancer ", lance d’emblée notre invité.

Pour Georges Dallemagne, il est préférable d’avoir ces femmes djihadistes chez nous en Belgique pour les soumettre à la justice plutôt que de rester dans des camps qui sont sous pression permanente de l’Etat islamique. " Tous les grands pays ont été récupérer leurs ressortissants pour des raisons de sécurité. Je pense donc qu’il fallait aussi le faire ".

Ces camps syriens sont encore souvent soumis aux frappes et attaques de ce qu’il reste du groupe Etat Islamique. " Récemment, un centre de détention pour hommes a été attaqués dans le nord de la Syrie. Certains terroristes qui avaient été incarcérés par les Kurdes ont disparu dans la nature. L’EI est encore opérationnel là-bas. Notre intérêt n’est pas de mettre la tête dans le sable. C’est surtout de faire revenir ces femmes et ces enfants. Et de faire en sorte que les hommes qui sont encore là-bas (ndlr: ils sont encore une douzaine) puissent être jugés et détenus sans causer de problème de sécurité. Or, nous n’aidons pas les Kurdes et il y a là une responsabilité de notre part ", analyse notre invité.

Avant de poursuivre: " Ces six femmes qui arrivent ne changeront pas la donne parmi les centaines de personnes qui ont été radicalisées. Ce sont souvent des personnes qui ont reçu un gros coup sur la tête. Elles veulent maintenant faire profil bas. Elles doivent être jugées et doivent être incarcérées et punies pour ce qu’elles ont fait. Avant d’être réinsérées dans la société et suivies ".

Actuellement, il ne reste plus beaucoup de femmes et d’enfants belges en Syrie. Notre invité précise qu’il y a encore plusieurs hommes et leur situation pose problème. Les Kurdes ont demandé à la Belgique une coopération. " Nous devons prendre nos responsabilités et répondre aux demandes des magistrats kurdes ".

Abattage rituel

Georges Dallemagne a également évoqué le sujet de l’interdiction de l’abattage rituel. Lors d’un vote au parlement bruxelloise, les Engagés n’ont pas tous voté de la même façon. " J’ai été surpris effectivement. A Bruxelles, nous avons une société qui est fracturée. Il y a une vision communautariste. Cela ne correspond pas à ma vision universaliste. Ce problème traverse l’ensemble des partis, qui représentent la société. Même chez DéFI, qui portait cette proposition, il y a eu quatre députés qui ont voté contre leur propre texte ", nous répond notre invité.

Et quand on lui demande si Les Engagés jouent aussi sur le communautarisme, notre invité répond qu’il ne s’agit pas d’un jeu mais " de pressions qui viennent de certains groupes plus radicaux ". " A Bruxelles, 70% des personnes sont en faveur de l’étourdissement et ce même au sein de la communauté musulmane. Ici, nous avons été sous pression de groupes plus radicaux et je le regrette. Dans la communauté musulmane, il y a certaines personnes qui sont plus radicales qui ne cherchent pas à trouver le point d’équilibre. (…) Sur cette question, nous aurions pu trouver des solutions communes. Mais c’était pour certains un marqueur identitaire. A l’avenir, nous ne devons nous méfier d’être entrainés par ces individus plus radicaux car ils pourraient gêner ce vivre ensemble à Bruxelles ".

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