Pour ou contre la limite à 100 km/h sur l’autoroute?

Groen propose de limiter la vitesse à 100 km/h sur autoroute. Plusieurs partis s’y opposent, dont le MR et le PTB. À qui les chiffres donnent-ils raison?

vitesse à 100 km/h
© BelgaImage

Les bénéfices

Plus d’économies
Selon Test-Achats, le passage de 120 à 100 ferait du bien au portefeuille. Sur 10.000 km par an, une voiture diesel économiserait 172 €, une essence 187 € et une électrique 117 €. La RTBF a fait le test. Résultat: sur un trajet de 115 km, une économie de 3,18 €. Soit, en extrapolant, 270,65 € épargnés par 10.000 km.

Moins de pétrole
L’Agence internationale de l’énergie estime que baisser la vitesse de 10 km/h sur autoroute permet d’économiser 430.000 barils de pétrole (éventuellement russe) par jour. En France, l’Ademe déclare que cela réduirait les gaz à effet de serre de 12,5 %. Chez nous, Vias juge qu’à 100 km/h, la concentration de CO2 et CO chuterait de 3-8 %, celle de particules fines de 7 %.

Gagner du temps
Passer de 120 à 100 km/h contribuerait à uniformiser la vitesse de circulation sur autoroute, les voitures roulant à une allure plus similaire à celle des gros véhicules. Puisque les bouchons sont souvent créés par des différences de vitesse, cela aiderait à lutter contre les embouteillages. Rouler moins vite… pour arriver plus vite.

Moins d’accidents
Selon le centre flamand de la mobilité, le passage à 100 km/h sur le ring de Bruxelles en 2020 a permis de passer en un an de 20,5 accidents par mois à 19. Aux Pays-Bas, l’adoption (partielle) des 100 km/h a réduit de 70 % les embouteillages et de 22 le nombre de décès.

Les coûts

Économies limitées
L’institut Vias confirme que rouler à 100 km/h permettrait d’économiser de 10 à 20  % de carburant mais seulement avec une vitesse constante. Sauf que cela ne se produit quasi pas dans la réalité. L’Agence européenne de l’environnement confirme. Passer de 120 à 110 diminuerait la consommation de 10-17 %… à condition d’adopter une conduite souple et sans arrêt.

Plus de pollution
Deux ans après avoir adopté une limitation partielle à 100 km/h, les Pays-Bas ont remarqué que de nombreux automobilistes désertaient les autoroutes et préféraient des voies alternatives. On remarque aussi une augmentation relative des retombées d’azote, ce qui ternit les bénéfices en termes de pollution.

Perdre du temps
Avec son parcours de 115 km, la RTBF a perdu 13 minutes en roulant à 100 km/h comparé à 120 km/h. Forcément, plus le voyage est long, plus la différence se fait sentir. À l’inverse, pour une courte distance, cet écart devient minime.

Public peu enclin
L’abandon des 120 km/h est une option peu populaire. Par exemple, seuls 13 % des Flamands sont pour, selon un sondage de l’association automobile VAN. À noter néanmoins que cela peut changer. Avant le passage à 30 km/h en zone scolaire, 20 % des Flamands y étaient favorables. Selon la dernière étude en date, ils sont désormais 60 %.

Sur le même sujet
Plus d'actualité