Fusillades à Molenbeek: passe d’armes entre PS et MR

Le MR fustige la gestion de la bourgmestre de Molenbeek, Catherine Moureaux (PS), face à de nombreux faits graves de violence armée. De son côté, la socialiste continue de demander l’aide du fédéral.

fusillades Molenbeek Koekelberg Bruxelles trafic drogue narcotrafic MR PS police Catherine Moureaux Georges Louis Bouchez
Catherine Moureaux @BELGAIMAGE

Deux fusillades en l’espace de deux jours : c’est sans doute à un nouveau règlement de compte entre trafiquants de drogue qu’a été confrontée Molenbeek, samedi puis lundi. Avant ce week-end, La Capitale avait recensé douze fusillades sur la commune bruxelloise depuis septembre. À Bruxelles, Molenbeek n’est pas la seule concernée par cette spirale de violence armée, puisqu’on déplorait, il y a quelques jours seulement, deux blessés par balle sur le territoire de Koekelberg. Mais la commune semble tout de même en première ligne face au phénomène.

Pour y répondre, les autorités locales demandent l’aide du fédéral, et plus précisément de policiers fédéraux spécialisés pour lutter contre le narcotrafic. C’est que la lutte serait devenue inégale, entre la commune et "un trafic international qui se retrouve dans plusieurs grandes villes européennes et notamment, ici à Molenbeek et dans d’autres communes bruxelloises".

"Quasiment un an jour pour jour, on interpellait la ministre de l’Intérieur [la CD&V Annelies Verlinden ndlr] sur la mutation de ce trafic, avec plus d’armes, plus d’argent, en lui disant de prendre les choses au sérieux, expliquait dans Le Soir la bourgmestre Catherine Moureaux (PS). Je n’ai toujours pas de rendez-vous. C’est impossible qu’elle n’accepte pas de me recevoir dans les conditions actuelles. Il ne se passe pas un jour sans qu’il n’y ait un fait de violence lié au trafic de stupéfiants dans la Région bruxelloise".

Le MR pointe la responsabilité "de la famille Moureaux"

Côté MR, la position de la socialiste fait grincer des dents. On a en effet beau jeu de rappeler que Catherine Moureaux s’était opposé en 2018 au plan canal, destiné notamment à renforcer la présence policière sur le territoire de la commune. "Nous n’avons pas besoin de policiers supplémentaires mais de plus d’humanité pour empêcher les gens de se radicaliser", déclarait alors celle qui allait devenir bourgmestre de Molenbeek. "Le Plan Canal n’est pas une bonne chose. Nous n’avons plus assez de policiers locaux et personne ne s’occupe de la sécurité routière. Molenbeek n’a plus besoin du Plan Canal mais d’un plan socio-économique", insistait-elle.

"L’humanité ne permet pas d’arrêter des balles, lâchait dans la DH Georges-Louis Bouchez, le président du MR, en réaction à la série de fusillades dont est aujourd’hui victime la commune. La culture du communautarisme, de l’angélisme et de la lâcheté doit cesser. Et ce, dans l’intérêt avant tout des habitants de Molenbeek. Nous pointons ici la responsabilité de la famille Moureaux. C’est le résultat de trente années de dégradation qui passe par de la complaisance sur les domiciliations, par l’idée selon laquelle créer des maisons de quartier résoudrait tous les problèmes, par la politique selon laquelle la police ne pouvait pas tout verbaliser… Voilà où nous en en sommes à présent".

Molenbeek a beau été sous pavillon libéral de 2012 à 2018 (Françoise Schepmans était alors maïeure de la commune), le MR, par la voie de son président bruxellois, David Leisterh, estime que les problèmes actuels sont liés à la gestion socialiste.

"Nous avons assisté à une explosion des chiffres de la criminalité dans la commune. Nous y sommes ainsi passé de 8.000 délits en 2018 à 12.000 en deux ans !", a-t-il assuré à la DH, réclamant la mise sous tutelle de la police administrative de Molenbeek.

Sur le même sujet
Plus d'actualité