Canicule précoce et réchauffement climatique : comment ne pas minimiser le phénomène ?

Avec la canicule que nous vivons, c'est le changement climatique qui s'exprime. Pas toujours simple pour les médias de trouver le bon ton.

Ouvriers
©Belgaimage

Ce matin, nous publiions un article annonçant les prévisions météorologiques des prochains jours. Au menu : du soleil et de la chaleur en excès. Pour illustrer le papier, une photo de trois jeunes enfants jouant dans l’eau.

Si le phénomène météo suscite un réel intérêt, c’est qu’il intrigue. Jamais une canicule n’aura été aussi précoce dans nos contrées. Jusqu’à 35° ce samedi, à la mi-juin, c’est du jamais vu. C’est aussi 15° au-dessus des normales saisonnières.

En France, c’est même plus de 40° qui sont attendus dès ce vendredi.

Effet du réchauffement climatique

La climatologue Aglaé Jezequel l’explique à France 24 : " Avec le dérèglement climatique, ces événements arrivent plus tôt et durent jusqu’à plus tard dans l’année, ils sont aussi plus intenses que ce qu’ils ont pu être dans le passé. Aujourd’hui, c’est l’exception, mais le climat change et nous pouvons déjà nous attendre à ce que les canicules arrivent de manière plus précoce ".

Si les rayons de soleil éveillent un imaginaire des plus radieux – un lunch au parc, une glace sur un banc public, un apéro en terrasse -, ce sont eux qui roussissent  les arbres, qui fragilisent la biodiversité, qui mettent en difficulté les nappes phréatiques ou qui pousse les agriculteurs dans leur dernier retranchement.

Pourtant, dans les médias, les canicules sont souvent saisies par le bout le plus positif, et le plus court-termiste. En mettant une image d’enfants amusés dans une fontaine publique, nous avons, comme de nombreux médias, basculé dans un mood feel-good non représentatif des conséquences de cette météo caniculaire.

"Quand il y a des feux de forêt, est-ce que vous montrez des enfants jouer dans l’eau? Non. Vous montrez les feux de forêt et leurs conséquences", interpelle le magazine en ligne Slate.

Les images ont des conséquences

Alors comment traiter cette actualité ? La RTBF se pose également la question et reprend les propos de Safran O’Neill, professeure de géographie à l’Université d’Exeter. Elle explique au Guardian : " La façon dont les médias communiquent sur le dérèglement climatique reflète et façonne l’engagement des sociétés dans ce domaine. Derrière chaque photo faisant la Une des journaux se cache une personne qui reflète et perpétue la façon dont la société pense la dégradation du climat. "

Le choix des images ne serait donc pas neutre pour le climat. Alors la rédaction web de Moustique fait son mea-culpa car elle estime que la problématique du réchauffement climatique vaut bien plus qu’une photo réconfortante pour illustrer une météo bien plus signifiante que quelques enfants sous un jet d’eau.

"Ce mercredi et les jours suivants, évitez-nous les images de gamins rigolant sous la flotte. On n’a pas envie de rire", conclut le magazine Slate. C’est entendu.

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