Brussels Airlines: trois jours de grève annoncés

Les pilotes et le personnel de cabine de Brussels Airlines feront grève les 23, 24 et 25 juin, ont annoncé jeudi à la compagnie aérienne les syndicats en front commun, après avoir déposé un préavis de grève à durée illimitée pour les stewards et hôtesses. Les pilotes en avaient déjà fait de même vendredi dernier.

Brussels Airlines | BelgaImage
Brussels Airlines | BelgaImage

Ces derniers jours, la direction de Brussels Airlines avait soumis des contre-propositions aux syndicats dans le cadre de ce conflit social, avaient fait savoir mercredi les syndicats chrétien CNE et socialiste BBTK/Setca. Les représentants des travailleurs, qui devaient être consultés, ont finalement rejeté jeudi les textes qui leur ont été soumis. Fin de la semaine dernière, les syndicats des pilotes avaient déjà déposé en front commun un préavis de grève à durée illimitée.

D’après une enquête récemment menée parmi les pilotes, 90% des sondés étaient d’ailleurs favorables à une action de grève. Du côté du personnel de cabine, une même enquête avait été lancée auprès des stewards et hôtesses après l’échec de la réunion de conciliation du début de la semaine passée. Ils ont donc décidé jeudi, malgré les dernières propositions, de déposer, eux aussi, un préavis de grève à durée illimitée. " La direction reconnaît que le personnel est trop peu nombreux pour assurer les vols programmés pendant les mois de juillet, août et septembre ", expliquent l’ACV Puls/CNE, le BBTK/Setca et l’ACLVB/CGSLB dans leur communication commune.

Selon eux, la compagnie a voulu " racheter " cette pénurie par une prime. " Le personnel navigant n’a jamais demandé de l’argent pour résoudre ses problèmes mais a demandé des interventions structurelles qui assureront l’avenir de l’entreprise et de ses travailleurs ", rétorquent les syndicats. Il apparaît en outre maintenant que le personnel navigant n’a pas été payé correctement et que le calendrier de travail a de nouveau été publié trop tard, fustige encore le front commun, qui s’interroge sur le fonctionnement du management au sein du transporteur.

" Les gens sont déjà fatigués rien qu’à voir leurs horaires "

" J’estime que la probabilité qu’une solution soit encore trouvée est très faible ", a commenté Tim Roelandt, du syndicat libéral ACLVB/CGSLB. Après plusieurs actions symboliques l’été dernier, les pilotes et le personnel de Brussels Airlines avaient fait grève en décembre, durant 24 heures, à chaque fois pour protester contre une forte charge de travail. Celle-ci s’est encore accentuée avec la récente reprise de la demande de voyages. " Les gens sont déjà fatigués rien qu’à voir leurs horaires ", confie ainsi Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE. Les pilotes dénoncent aussi la non-indexation de leur plan cafétéria (budget pour les avantages extra-légaux), négocié dans le cadre d’une nouvelle convention collective de travail consécutive à la crise du coronavirus et à la restructuration qui a touché Brussels Airlines en 2020.

La compagnie s’était alors séparée d’un quart de son personnel (environ 1.000 travailleurs sur 4.000) et avait réduit sa flotte de 30%.  Une réunion de conciliation avec la direction les concernant était prévue vendredi. Mais la CNE a déjà prévenu qu’elle ne s’y rendrait pas, indique Didier Lebbe, tandis que l’ACLVB/CGSLB ne se montrait pas optimiste sur son maintien. Selon les trois syndicats, rien n’a été fait pour résoudre les problèmes soulevés depuis l’été dernier et la situation ne s’est pas améliorée, alors que l’entreprise a eu un an pour agir. La direction avait déjà clairement indiqué qu’elle était prête à discuter de la charge de travail mais pas de l’indexation. Dans un récent courrier interne transmis au personnel, elle avait dit craindre que les revendications des pilotes n’entravent les projets de croissance de la compagnie aérienne.

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