Pourquoi la colère gronde dans nos aéroports 

Alors que le spectre de la pandémie semble s’éloigner et devenir un lointain mauvais souvenir, nous regouttons avec joie à un été en toute liberté. Mais cette année, on risque bien de rester sur le tarmac. 

Ryanair
Le CEO de Ryanair, Michel O’Leary lors d’une conférence de presse à Bruxelles le 14 juin 2022 © Belga Image

Après deux années marquées par les confinements successifs et le COVID19, on aurait pu croire que le secteur aérien allait retrouver le sourire avec la levée des restrictions et le retour au " monde d’avant ". Que nenni, la colère gronde dans nos aéroports et ce à tous les niveaux. Annulations de vols, arrêts de travail spontanés, préavis de grève posés, chaque secteur est touché.  

Mais que se passe-t-il donc dans nos aéroports ?

Tensions dans les airs…

Le 9 juin, on apprenait que des centaines de vols seraient annulés cet été. Brussels Airlines annonçait la suppression de 148 vols, et Lufthansa, Swiss Air et Eurowings ont rapidement suivi l’exemple. 

Le lendemain, les pilotes de Brussels Airlines déposaient un préavis de grève à durée illimitée. Les raisons ? Des conditions de travail peu satisfaisantes. Et le mouvement serait suivis par près de 90% des pilotes. Si la date de cet arrêt n’est pas encore connue, il fait écho à une précédente grève organisée en décembre dernier. Celle-ci visait à protester contre une forte pression de travail. Selon les trois syndicats, rien n’a été fait pour résoudre les problèmes soulevés à ce moment et la situation n’est pas allée en s’améliorant.

Même son de cloche du côté du personnel de cabine pour qui le manque de personnel et les conséquences de la pandémie entrainent des conditions de travail de plus en plus compliquée.

… et au sol

Si la situation dans les airs n’est pas des plus réjouissantes, celle au sol ne l’est guère plus.

Le 2 juin, les bagagistes de l’aéroport de Bruxelles s’était mis en grève, déplorant eux-aussi des conditions de travail compliquée et le lourd manque de personnel. En effet, c’est près d’un tiers du personnel qui manque à l’appel, soit 130 postes de bagagistes.

Mais les bagagistes ne sont pas les seuls à dénoncer ce manque ni des conditions de travail intenables. Le 20 juin prochain, les agents de sécurités se mettront en grève. Ce jour de mobilisation national serait suivi par 80% du personnel et sans eux, pas de contrôles de sécurité, et donc pas de vols… Pour rappel, ce sont les grèves du services de guardiennage qui ont provoqué les perturbations des aéroports hollandais et britanniques.

On estime qu’environ 630 postes sont actuellement à pourvoir au sein de l’aéroport de Bruxelles.

Ryanair dans la tourmente 

Mais la colère ne se limite pas qu’aux aéroports. Elle touche également les compagnies aériennes et notamment le géant low-cost irlandais, Ryanair. Le personnel belge menace de mené plusieurs actions de grève cet été.  Les 500 membres du personnel présents en Belgique protestent contre la dégradation de leurs conditions de travail et réclament l’embauche d’un responsable des ressources humaines.

" On en a marre du système de gestion depuis l’Irlande " explique Didier Lebbe, syndicat CNE " Il n’y a pas de ressources humaines en Belgique. En cas de problèmes, nous sommes redirigés vers un call-center basé à Dublin où les gens ne connaissent pas vraiment grand-chose à la législations belges et donc ne sont d’aucune aide. C’est vraiment le modèle Ryanair qui doit changer. " conclut-il.

On l’aura compris, cet été, prendre l’avion ça va être compliqué. L’occasion donc de tourner vers des alternatives à l’avion ? Peut-être pas plus mal, au vu de l’urgence écologique.

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