Congo: le résumé de la visite royale en six points

La visite royale célébrant les 60 ans de l’indépendance du Congo l’a encore montré: dans le long et difficile roman historique belgo-congolais, la page postcoloniale n’est pas encore tournée.

Philippe au Congo
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Visite délicate

Prévue en 2020, la visite de nos souverains dans ce qui fut la propriété personnelle de Léopold II, puis une colonie belge, entendait célébrer les 60 ans de l’indépendance obtenue le 1er juin 1960. La crise sanitaire a retardé les célébrations de deux ans. Deux années ­contrastées, entre renforcement des relations avec le président congolais Félix Tshisekedi et béance des plaies laissées par la colonisation dans la mémoire commune belgo-congolaise. En particulier pendant les 23 ans qu’a duré “l’État indépendant du Congo” de Léopold II, lorsque des atrocités généralisées ont été commises par les forces coloniales du ­souverain belge forçant la population indigène à produire du caoutchouc.

La dent de Lumumba

Autre pont tendu entre la Belgique et la République démocratique du Congo, la restitution, ce 22 juin prochain, d’une dent récupérée par la justice belge au domicile de la famille d’un policier ayant contribué à faire disparaître le corps de l’ex-Premier ministre Patrice Lumumba, assassiné en janvier 1961 avec la complicité des autorités belges.

Symbole masqué

Le rapport compliqué entre la Belgique et son ex-colonie s’est incarné dans la restitution d’un masque kakuungu de l’ethnie Suku au Musée national de Kinshasa. Celle-ci a déclenché à la Chambre des débats centrés sur les notions de respect, de mémoire et de la relativité de la morale.

masque congolais

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Courage royal

Le Prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege a salué le courage de Mathilde et Philippe. Le couple royal a maintenu sa visite à Bukavu, dans la clinique du docteur, malgré les combats faisant rage dans la région entre l’armée congolaise et les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda. Le couple royal achevait ainsi un dense programme de six jours.

Les regrets de Philippe

Lors d’un discours très attendu, le roi Philippe a évoqué le régime colonial belge “basé sur l’exploitation, la domination” et “marqué par le paternalisme, les discriminations et le racisme” et ayant “donné lieu à des exactions et des humiliations”. Il a également formulé des “regrets”.

Bientôt des excuses officielles?

Notre souverain s’en est tenu aux “regrets” par rapport aux souffrances ­infligées aux Congolais. C’est qu’une commission parlementaire enquête actuellement en la matière. Et c’est seulement à l’issue des travaux de cette commission que l’État belge pourrait présenter officiellement ses excuses.

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