Comment le nombre de braquages de banques a été divisé par 150 en 15 ans

Il n'y a aujourd'hui presque plus de braquages de banques en Belgique et seulement quelques attaques à l'explosif, ce qui n'étonne pas Febelfin.

Bureau BNP Paribas braqué à Anvers
La police sur le lieu d’un braquage d’une banque BNP Paris, à Anvers le 4 février 2019 @BelgaImage

Cette fois-ci, la police fédérale aura eu facile de faire le bilan des braquages de banques: en 2021, il n’y a eu qu’un seul et unique cambriolage de ce genre. Il a eu lieu à Gilly le 16 décembre dernier, lors de l’ouverture d’une agence CPH. Des employés avaient été séquestrés et un feu avait été allumé alors que les cinq voleurs quittaient les lieux avec le butin. Les travailleurs ont fini par s’échapper mais les malfrats sont toujours en fuite aujourd’hui. Une mauvaise nouvelle mais qui paraît bien maigre si on la replace dans son contexte historique. En 2006, il y avait encore en Belgique 146 braquages de banques, et ce sur une seule année. Depuis, ce nombre n’a cessé de diminuer: 99 en 2009, 44 en 2012, 22 en 2013 puis moins d’une dizaine (à l’exception des 11 de 2017). Une évolution que la Fédération belge du secteur financier (Febelfin) explique très bien.

Moins de cash, moins tentant

Febelfin voit dans cette diminution drastique des braquages l’effet de deux grands éléments. Le premier, c’est l’effort investi par les banques pour protéger leurs agences, leurs employés et leurs clients. "Ceci passe par l’installation de systèmes de sécurisation (caméras de surveillance, systèmes d’alarmes, valises intelligentes…) mais aussi par la sensibilisation des employés de banque", note la fédération sur son site.

Mais ce qui pèse manifestement encore plus dans la balance, c’est la réduction de l’argent liquide qui circule dans les banques. Les transactions électroniques et digitales sont de plus en plus promues, non seulement parce qu’elles sont pratiques et rapides mais aussi parce qu’elles sont plus sécurisées pour les banques. "Si vous souhaitez retirer de l’argent dans une banque aujourd’hui, il faut nous prévenir à l’avance et prendre rendez-vous", explique à la VRT Isabelle Marchand de Febelfin. "Les bureaux sont équipés de telle manière qu’il n’y a pratiquement pas d’argent disponible et cela les rend moins attrayant pour les criminels de commettre un vol de banque".

Les attaques à l’explosif aussi en baisse

Il n’empêche, on recense encore plusieurs attaques à l’explosif. Au cours de l’année passée, il y en a neuf au total, toutes des tentatives infructueuses puisqu’il n’y a pas eu de butin à la clé. Pour Isabelle Marchand, cela montre aux voleurs qu’il est non seulement plus difficile de s’attaquer à une banque mais aussi qu’il est plus compliqué de réussir à en tirer quelque chose, y compris via les distributeurs automatiques.

En 2019, Febelfin expliquait déjà que les banques avaient déjà mené des concertations avec les autorités pour renforcer les mesures de sécurité. Ces dernières devaient être ensuite réévaluées pour constamment les améliorer. La fédération notait alors que l’année précédente, en 2018, 18 attaques à l’explosif avaient été recensées, autant celles ayant abouti à l’obtention d’un butin que celles infructueuses. Leur nombre a donc là aussi baissé depuis, sans pour autant atteindre des niveaux aussi bas que les braquages de banques dans le sens classique du terme.

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