Le revirement de Crucke provoque de nouvelles tensions avec Bouchez

Jean-Luc Crucke renonce à être candidat à la Cour constitutionnelle, il crée un nouveau courant politique au sein du MR. Georges-Louis Bouchez réagit.

jean-Luc Crucke et Georges Louis Bouchez
© BelgaImage

L’annonce fait beaucoup de bruit. Jean-Luc Crucke a changé d’avis: il ne veut plus devenir juge à la Cour constitutionnelle mais souhaite rester en politique pour créer un " regroupement " autour du climat. Un revirement moyennement apprécié par Georges-Louis Bouchez. Le président du MR a d’ailleurs rappelé jeudi le devoir de loyauté d’un mandataire du MR à l’égard de son parti.

Depuis sa démission du poste de ministre wallon des Finances et du Budget, Jean-Luc Crucke siège comme député au parlement wallon et au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il conservera donc son mandat parlementaire.

C’est la liberté de chacun ", a souligné M. Bouchez, sur les ondes de Bel-RTL. " Je lui souhaite le meilleur dans sa tâche de député, qu’il travaille dans le cadre du groupe MR et pour l’intérêt général ". " On doit être loyal à l’égard de sa formation politique. Je n’ai pas de doute là-dessus ", a-t-il ajouté. Le MR devra proposer une nouvelle candidature pour la Cour constitutionnelle. Une annonce devrait être faite dans les prochaines heures, selon M. Bouchez.

Dans une interview à nos confrères de La Libre, l’ancien ministre du Budget avait été quelque peu critique à l’égard de son président. " C’est un secret de Polichinelle, c’est que Georges-Louis Bouchez et moi sommes en désaccord sur un certain nombre de projets. Malheureusement, chez lui, la forme tue souvent le fond. Les mots sont dangereux. Quand on s’exprime, quand on tweete, quand on envoie un truc à la figure de l’autre, cela peut blesser. Et modestement, pas seul mais avec d’autres, je pense que je peux représenter aussi au sein du Mouvement réformateur cette sensibilité du libéralisme social, du libéralisme progressiste. " Une sortie " qui n’intéresse pas beaucoup " le principal intéressé. Au micro de Bel RTL, il répète: " Jean-Luc Crucke devra s’inscrire dans la démarche de groupe" .

Les partis politiques, une " notion désuète "

Les relations entre le président des libéraux francophones et l’ex-ministre étaient tendues avant la démission du second. Elles s’étaient particulièrement dégradées à la suite d’un projet de décret fiscal, élaboré par M. Crucke mais contesté par M. Bouchez et une partie des députés MR.

Je suis toujours au MR ", a assuré jeudi M. Crucke, interrogé par La Première. " Ce n’est pas parce qu’on est libéral progressiste avec une sensibilité climatique qu’on doit rejoindre une structure ". A ses yeux, les partis politiques sont devenus une " notion désuète ". L’homme veut aujourd’hui fédérer des personnalités politiques issues de partis démocrates autour du climat. " On n’a pas le temps de jouer. Il faut travailler. C’est d’action qu’on a besoin. Avec une extrême-gauche à 20% en Wallonie et une extrême-droite à 25% en Flandre, il faut arrêter de se croire dans la galerie ".

Sur le même sujet
Plus d'actualité