Distributeurs de billets: comment éviter la "désertification bancaire"?

Avec le nouveau réseau Batopin, la Wallonie craint d’être moins bien desservie en distributeurs de billets.

Batopin distributeur cash banques Belgique Wallonie
@BELGAIMAGE

À partir du 30 juin, il ne sera plus possible de retirer de l’argent en Outremeuse, à Liège. L’agence Belfius de la rue Puits-en-Sock va en effet fermer ses portes, et le dernier distributeur de billet du quartier sera retiré. Enième exemple d’une tendance de fond, celle de la digitalisation du secteur. Mercredi, le Comité de concertation (codeco) abordait une série de dossiers, parmi lesquels la proximité des distributeurs automatiques de billets au sud du pays.

La Wallonie craint en effet "une désertification bancaire" et "un impact sur l’accessibilité des services bancaires pour les citoyens les plus vulnérables sur le plan numérique". Préparant la réunion avec les autres entités fédérées et le Fédéral, le ministre-président Elio Di Rupo (PS) et le ministre Christophe Collignon (PS) pointaient un digitalisation provoquant "une diminution des services bancaires physiques aux citoyens. Ainsi, entre 2008 et 2019, le nombre d’agences bancaires est passé de 8.259 à 4.694 en Belgique. Et il est à craindre que ce mouvement s’accélère avec la constitution du consortium Batopin", expliquaient les deux socialistes (propos relayés par l’Echo).

Moins de 10% du réseau opérationnel

Lancé en septembre 2021, ce projet est porté par quatre des plus grandes banques du pays(KBC, ING, BNP Paribas Fortis et Belfius). Celles-ci ont créé une co-entreprise pour réorganiser le réseau de distributeurs de billets. Le consortium entend garantir à 95% des Belges un accès à un distributeur automatique à moins de cinq kilomètres de chez eux. En l’état, il reste encore du boulot : selon L’Echo, avec 200 points de retrait installés, moins de 10 % seulement du réseau est aujourd’hui opérationnel.

Au quotidien économique, Batopin a tenu à rassurer :  la Région wallonne sera aussi bien desservie que le reste du pays. "Des contacts sont systématiquement pris auprès des autorités communales, pour nous permettre d’identifier les emplacements les plus judicieux par rapport aux besoins locaux", a expliqué Vincent Bayer, porte-parole de Batopin. Même si le nombre de distributeurs exploités par les quatre banques sera grosso modo divisé par deux à terme, l’accès au cash sera préservé, voire même amélioré, assure Batopin. De nombreux distributeurs de banques concurrentes, à proximité les uns des autres, seraient en effet supprimés et mutualisés en un distributeur commun.

Mais côté wallon, on en démord pas : "Lorsqu’il est défini à l’échelle nationale, il (le réseau Batopin, NDLR) aboutit de facto à une moindre couverture en Wallonie des distributeurs et à une couverture encore moindre dans les zones les moins densément peuplées", maintiennent  Elio Di Rupo et Christophe Collignon. Un constat que partageait déjà l’année passée l’asbl Financité.

Au Comité de concertation, la Région wallonne propose donc plusieurs pistes pour garantir le "maillage de de distributeurs de billets sur le territoire wallon", comme l’installation de distributeurs automatiques "mobiles" ou la mise en place d’un "large débat sur l’avenir de services bancaires".

 

Sur le même sujet
Plus d'actualité